Un colon a été tué par balle dimanche en Cisjordanie occupée, peu avant Yom Kippour, l'armée israélienne annonçant avoir arrêté l'assaillant présumé.
L'armée israélienne a fait état par ailleurs, toujours en Cisjordanie, d'une tentative d'attaque à la voiture bélier dans laquelle l'assaillant présumé a été tué.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a dénoncé un «attentat meurtrier» qui a eu lieu peu avant Yom Kippour (le jour du Grand Pardon), la fête la plus importante du judaïsme qui commence dimanche soir.
Ces attaques surviennent également à quelques semaines d'élections législatives en Israël, fin octobre, qui s'annoncent très serrées.
L'attaque a eu lieu dans le secteur de la colonie de Nevé Tzouf, près de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie. Selon l'hôpital Beilinson de Petah Tikva, l'Israélien est mort de ses blessures.
Israël Gantz, président du Conseil de Yesha, principale organisation représentant les colons de Cisjordanie, a indiqué qu'il s'agissait d'un colon.
Selon le Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix-Rouge, l'homme était âgé d'une trentaine d'années. Un responsable des colons de la région a indiqué de son côté que l'assaillant lui avait tiré dessus avec une arme automatique.
Le «terroriste» a été interpellé dans un hôpital proche du lieu de l'attaque, a annoncé l'armée, précisant que l'assaillant avait été auparavant blessé par le tir d'un soldat.
Selon des sources palestiniennes, l'hôpital se trouve à Ramallah.
Le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir a appelé à ce que l'assaillant soit la première personne à être exécutée en vertu de la loi sur la peine de mort récemment adoptée, dans un message publié sur X, accompagné d'une photo montrant un homme dans une chambre d'hôpital, entouré de soldats.
La loi sur la peine de mort adoptée en mars est taillée sur mesure pour ne s'appliquer qu'aux Palestiniens reconnus coupables d'attaques anti-israéliennes meurtrières et prévoit cette peine comme sanction possible pour les citoyens palestiniens d'Israël, appelés également Arabes israéliens.
Le chef de l'armée israélienne, le général Eyal Zamir, a déclaré dimanche sur les lieux de l'attaque que l'armée restait «en état d'alerte maximale, déployée et prête à intervenir, avec des effectifs renforcés dans tous les secteurs».
Des journalistes de l'AFP ont constaté que de nombreux barrages dans cette partie de la Cisjordanie avaient été fermés ou que l'armée procédait à des fouilles de véhicules.
L'armée israélienne a déclaré à l'AFP que ses soldats avaient mené dimanche une descente au domicile de la famille de l'auteur de l'attaque, dans le village palestinien de Biddu, sans donner plus de détails.
«Nous allons imposer un bouclage du village et mener des enquêtes, grâce auxquelles nous retrouverons toutes les personnes qui ont aidé le terroriste», a déclaré le général Zamir.
Le ministère de l'Éducation de l'Autorité palestinienne a annoncé dimanche soir que les cours seraient annulés lundi pour les élèves de la région de Ramallah, «par souci pour la sécurité des enseignants et des élèves».
«Nous leur ferons payer»
«Aucun terroriste ne restera impuni, nous leur ferons payer à Gaza, au Liban et en Judée-Samarie», a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, en référence aux différents fronts sur lesquels l'armée israélienne est engagée.
En «cette veille de fête sacrée, nous devons clairement dire: le terrorisme ne nous brisera pas», a indiqué de son côté le président israélien Isaac Herzog selon un communiqué de son bureau.
Toujours en Cisjordanie, l'armée a dit dans un communiqué que des soldats avaient tué un homme «qui tentait de mener une attaque à la voiture bélier contre ses troupes dans la région de Ganim», une colonie récemment rétablie près de la ville palestinienne de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.
Le ministère palestinien de la Santé a identifié l'assaillant comme étant Sami Zwaideh, 32 ans.
Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans ces colonies.
Les violences ont explosé dans ce territoire depuis l'attaque du Hamas palestinien en Israël le 7 octobre 2023 - qui a déclenché la guerre à Gaza - avec notamment des attaques quasi quotidiennes de colons contre des villages palestiniens.
Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, l'armée et des colons ont tué depuis au moins 1.103 Palestiniens, combattants et civils.
D'après les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.
AFP