À New York, le Liban place l’avenir de la Finul au cœur de sa séquence diplomatique. Alors que le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban doit arriver à son terme à la fin de l’année, Beyrouth réclame un dernier renouvellement d’un an. Washington s’y oppose pour l’instant, tandis que les Européens multiplient les démarches pour tenter de trouver une issue.

Le Premier ministre Nawaf Salam doit défendre sa position cette semaine à l’Assemblée générale des Nations unies, avant de poursuivre ses discussions à Washington. L’objectif est notamment de convaincre les États-Unis de revoir leur position, alors qu’une alternative à la Finul reste à définir.

La question de l’après-Finul est déjà au cœur des discussions. Son commandant, le général Diodato Abagnara, a insisté sur la nécessité de préparer l’armée libanaise et les agences des Nations unies à reprendre certaines missions actuellement assurées par la force avant son retrait. Une transition qui s’annonce complexe, notamment parce que de nombreuses positions de la Finul se trouvent désormais dans des zones contrôlées par les forces israéliennes.

Les conflits armés au premier plan

Au-delà du dossier libanais, la 81ᵉ session de l’Assemblée générale s’ouvre dans un contexte international marqué par les guerres et les tensions géopolitiques. La semaine de haut niveau, du 22 au 29 septembre, réunit à New York les dirigeants et représentants des 193 États membres.

Les conflits en Ukraine et au Proche et Moyen-Orient seront au premier plan, alors que les divisions entre États mettent à l’épreuve le système multilatéral. La prévention des conflits, la recherche de solutions politiques et les conséquences humanitaires des guerres figurent parmi les grandes préoccupations de cette session.

Le climat occupera également une place importante. Une réunion de haut niveau consacrée à l’action climatique et à la transition juste est prévue le 23 septembre, suivie le 24 septembre d’une rencontre consacrée aux menaces liées à la montée du niveau des mers.

Autre enjeu majeur : les Objectifs de développement durable (ODD), adoptés en 2015 avec l’ambition d’améliorer les conditions de vie et de réduire les inégalités d’ici 2030. À quatre ans de cette échéance, l’ONU estime que les progrès restent insuffisants. La lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’accès aux services essentiels et le financement du développement seront donc au cœur des discussions.

La santé mondiale sera également au programme, avec une réunion de haut niveau le 25 septembre consacrée à la prévention, à la préparation et à la réponse aux pandémies et aux futurs menaces. 

L’IA, nouveau front de la gouvernance mondiale

L’intelligence artificielle s’impose enfin comme l’un des nouveaux grands dossiers de cette assemblée générale. L’ONU cherche à poser les bases d’une gouvernance internationale de l’IA, alors que la progression rapide de ces technologies soulève des questions de sécurité, d’inégalités d’accès, de surveillance et d’usages abusifs.

La gouvernance numérique s’inscrit ainsi parmi les enjeux émergents du multilatéralisme, avec la volonté affichée de réduire la fracture numérique et de favoriser une coopération internationale autour de ces technologies.

À ces dossiers s’ajouteront les droits humains, la lutte contre le racisme et le désarmement nucléaire. La session sera notamment marquée par les 25 ans de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, ainsi que par une réunion de haut niveau consacrée au désarmement nucléaire.