Les autorités rebelles du Tigré ont affirmé mercredi contrer une «invasion» des forces fédérales dans cet État régional du nord de l'Éthiopie, nouvelle escalade dans un climat de plus en plus tendu faisant ressurgir le spectre d'une nouvelle guerre à grande échelle.

La situation est très tendue depuis plusieurs mois au Tigré et des troupes fédérales et tigréennes sont massées aux frontières de cet État le plus septentrional d'Éthiopie, frontalier de l'Érythrée et du Soudan.

Un accord de paix signé en 2022 a mis fin à deux ans d'une guerre extrêmement meurtrière et destructrice entre le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirige de fait le Tigré.

Mais les tensions ont ressurgi ces derniers mois entre le pouvoir fédéral et le TPLF, retiré en 2025 par Addis Abeba de la liste des partis autorisés en Éthiopie et accusé de gouverner illégitimement l'État régional.

Le gouvernement fédéral éthiopien a «ouvertement lancé une invasion et une attaque contre nous, appuyée par de l'infanterie», affirment dans un communiqué les autorités de fait du Tigré, jugées illégitimes par Addis Abeba. «En conséquence, notre armée (...) a reçu l'ordre de contrer cette attaque et cette invasion génocidaire, et s'est engagée dans une bataille défensive», ajoutent-elles.

Des sources humanitaires ont confirmé à l'AFP des combats entre forces fédérales et troupes tigréennes dans l'État régional de l'Afar, voisin du Tigré.

Ni le vice-président du TPLF ni la porte-parole du Premier ministre Abiy Ahmed n'ont donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Sur X, Getachew Reda, ministre éthiopien des Affaires est-africaines et ancien responsable du TPLF durant la guerre du Tigré, ayant rompu ensuite avec le parti et rejoint le gouvernement fédéral, a affirmé que les autorités rebelles tigréennes avaient «lancé une offensive de grande envergure contre les positions gouvernementales dans les régions de l'Afar et de l'Amhara».

L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier l'existence de combats en Amhara, État régional également frontalier du Tigré.

Les vols vers et depuis le Tigré ont été suspendus mercredi.

AFP