Le fils de l'ambassadeur israélien aux États-Unis, soldat réserviste, a été gravement blessé mercredi dans une attaque à la voiture-bélier contre un poste de contrôle en Cisjordanie occupée, territoire en proie à une hausse des violences.
Cette attaque intervient dans un contexte chargé, à la veille du discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à l'Assemblée générale des Nations unies, qui s'annonce combatif, et à un mois d'élections législatives en Israël où les questions de sécurité seront centrales.
Selon les autorités israéliennes, un homme palestinien a foncé à bord de son véhicule vers des militaires et des policiers à un poste de contrôle israélien à proximité de la colonie juive de Beit Horon, à l'ouest de Ramallah, percutant un soldat avant d'être abattu.
L'ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, a annoncé sur X que le militaire touché était son fils, Neria Leiter, ajoutant qu'il était sérieusement blessé et avait besoin d'un «miracle» pour s'en sortir.
Selon la chaîne publique israélienne Kan, l'ambassadeur, qui devait assister jeudi au discours de M. Netanyahou à l'ONU à New York, a quitté les États-Unis pour se rendre au chevet de son fils en Israël.
Dans un communiqué cité par plusieurs médias israéliens, l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem a indiqué que Neria Leiter avait subi plusieurs interventions chirurgicales, dont une «opération complexe du cerveau» qui a duré plusieurs heures.
«Son état reste extrêmement critique et ses jours sont en danger», a dit l'hôpital.
Avant de prendre l'avion pour New York, M. Netanyahou a annoncé qu'il s'était rendu à l'hôpital pour voir les proches du soldat blessé, ajoutant qu'il «priait pour qu'un miracle se produise».
Dans son message publié sur X, l'ambassadeur Yechiel Leiter a indiqué que son fils Neria avait «continué de servir comme réserviste après avoir perdu son grand frère Moshe Yedidya Leiter» en faisant référence à son autre fils, tué au combat dans la bande de Gaza en novembre 2023.
Ville bouclée
Des médias israéliens ont publié une vidéo de l'attaque. On y voit un véhicule accélérer en direction d'un groupe de personnes, avant de heurter l'une d'elles et de s'encastrer dans un panneau routier. Le conducteur s'extirpe alors du véhicule et commence à courir, avant d'être abattu par plusieurs soldats postés alentour.
Sans confirmer qu'il s'agit de l'assaillant, le ministère palestinien de la Santé a indiqué avoir été informé de la mort d'un homme identifié comme Mahmoud Mohammed Mahmoud Suleiman, 29 ans, «abattu par les forces israéliennes près (...) de Ramallah».
Il a ajouté que les autorités israéliennes retenaient sa dépouille.
Hazem Suleiman, le maire de Beit Ur, le village d'où est originaire l'assaillant présumé, a déclaré à l'AFP que les forces israéliennes avaient fouillé le domicile de la famille de Mahmoud Mohammed Mahmoud Suleiman.
«La ville est bouclée, toutes ses entrées sont bloquées. Il n'y a aucune activité sociale ou commerciale», a-t-il déclaré, ajoutant que l'armée avait effectué des perquisitions dans d'autres maisons du village.
Mercredi soir, le chef de l'armée israélienne, le général Eyal Zamir, a dit que ses forces allaient «continuer d'agir avec détermination pour démanteler les organisations terroristes».
Cette attaque intervient dans un contexte explosif, alors que les violences commises par des colons se multiplient en Cisjordanie occupée depuis les attaques commises par le mouvement palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, l'armée et des colons ont tué depuis cette date plus de 1.100 Palestiniens, combattants et civils en Cisjordanie.
Plusieurs attaques ont par ailleurs visé des soldats ou des colons israéliens ces derniers jours.
Dimanche, un colon a été tué par balles dans le centre de la Cisjordanie. Son assaillant présumé, un Palestinien, a été blessé lors de sa fuite et arrêté par les autorités israéliennes. Le même jour, des soldats avaient abattu un homme qui tentait de leur foncer dessus en voiture, selon les autorités israéliennes.
D'après les chiffres israéliens, sur la même période et dans la même région, près de 50 Israéliens – civils et membres des forces de sécurité – ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.
AFP