Deux clubs libanais, un trophée à défendre et une concurrence du Golfe qui n’a jamais semblé aussi capable d’attirer et de remplacer rapidement des joueurs de premier plan. Du 26 septembre au 4 octobre, Riyadi et La Sagesse joueront à domicile, au complexe Nouhad Nawfal, un Final 8 de la WASL qui dépasse le simple duel sportif: il dira aussi si le savoir-faire historique du basket libanais résiste encore à la montée en puissance de clubs aux effectifs de plus en plus ambitieux.

Il suffit de regarder les mouvements de joueurs de ces derniers mois pour mesurer le changement.

Al Ula a frappé très fort cette saison en attirant Wael Arakji, Thon Maker et Jonathan Gibson pour sa campagne saoudienne et la Gulf League. Le pari a fonctionné: le club a remporté le championnat saoudien avec 17 victoires en 18 matches et terminé premier de son groupe de WASL avec un bilan de 4-2.

Le trio n’est toutefois plus celui qui disputera le Final 8. Les trois joueurs avaient signé pour une saison et Al Ula a déjà renouvelé une partie importante de son effectif, avec notamment Mitch Creek, international australien passé par la NBA, Elijah Stewart et le meneur français David Michineau. Une capacité à reconstruire presque immédiatement un roster de haut niveau qui illustre précisément le nouveau rapport de forces régional.

Riyadi défend une couronne devenue plus difficile à conserver. Il arrive avec le statut le plus lourd à porter.

Le club beyrouthin a remporté les deux derniers Final 8, en 2024 puis 2025, et reste le seul à avoir réussi le doublé dans la compétition. Il a également terminé en tête de la phase ouest cette saison avec six victoires en huit rencontres, malgré le départ de Wael Arakji et Thon Maker vers Al Ula durant la campagne.

Pour renforcer son groupe avant le Final 8, Riyadi a notamment annoncé le retour de Zach Lofton ainsi que les arrivées de Donovan Williams et Nick West. L’enjeu est clair: conserver suffisamment de puissance étrangère sans perdre ce qui constitue historiquement sa grande force, un noyau libanais habitué à jouer ensemble et à gérer les matches à haute pression.

Les Jaunes commenceront samedi face à Indian Railways, avant de retrouver Kuwait SC puis Ittihad. Les deux premiers du groupe accéderont aux demi-finales du 3 octobre.

La Sagesse veut transformer les podiums en titre

La Sagesse connaît elle aussi parfaitement le Final 8.

Pour ses deux premières participations, le club vert est monté deux fois sur le podium. En 2024, il avait même frôlé le titre avant que Riyadi, porté par Arakji, ne renverse la finale et ne s’impose après prolongation.

Cette fois, le visage de l’équipe a évolué. Youssef Khayat doit tenir un rôle central après une campagne de West Asia au cours de laquelle il s’est distingué des deux côtés du terrain. Ali Mezher revient au Liban après son expérience au Japon, tandis que Karim Ezzedine et Aziz Abdelmasih renforcent le noyau local. Autour d’eux, Jamal Jones, Mike Watkins, AJ English et Zid Powell donnent au club plusieurs options étrangères.

La Sagesse commencera dimanche face à Shahrdari Gorgan. Elle retrouvera ensuite Al Ula mardi, avant d’affronter Al Arabi le 1er octobre.

Le Golfe ne vient plus seulement apprendre

La différence avec les premières années de la WASL tient moins à une équipe précise qu’à la profondeur du marché.

Ittihad et Al Ula représentent l’Arabie saoudite, Kuwait SC le Koweït et Al Arabi le Qatar. Tous arrivent dans un environnement où les clubs du Golfe peuvent désormais attirer des joueurs ayant évolué en NBA, en Europe ou parmi les meilleurs effectifs asiatiques.

Cela ne garantit évidemment aucun trophée. Les noms n’achètent ni les automatismes, ni la gestion des fins de match, ni l’expérience d’une salle acquise à l’adversaire.

C’est précisément là que Riyadi et La Sagesse conservent leurs arguments.

«À la WASL, les clubs libanais jouent plus qu’un trophée: Riyadi et La Sagesse défendent leur statut face à un Golfe de mieux en mieux armé.»

Nouhad Nawfal, l’autre avantage libanais

Tous les matches seront disputés à Zouk Mikael.

Pour Riyadi comme pour La Sagesse, cela signifie absence de voyage, connaissance de la salle et surtout présence massive attendue de leurs supporters. Dans une compétition décidée sur quelques rencontres et une finale sèche, cet avantage peut compter davantage que sur une longue saison.

Mais jouer chez soi ajoute aussi une obligation.

Riyadi défend deux titres consécutifs. La Sagesse poursuit toujours son premier sacre en WASL. Les deux clubs porteront donc une bonne partie de la réputation récente du basket libanais face à une concurrence qui a considérablement réduit l’écart en matière de recrutement.

Le Final 8 ne dira pas seulement qui est le meilleur club de la WASL en 2026.

Il dira si, face à la nouvelle puissance du Golfe, le basket libanais possède encore ce que l’argent ne recrute pas aussi facilement: une culture du jeu, une expérience des grands rendez-vous et deux clubs qui savent déjà ce que signifie jouer pour régner sur la région.