Les marchés mondiaux reprennent leur souffle vendredi après la flambée des taux obligataires, soutenus par le repli des prix du pétrole et l’espoir d’une avancée dans les discussions entre Washington et Téhéran.

Les investisseurs «restent focalisés sur le pétrole et les taux», commentent les analystes de Natixis.

«Les marchés obligataires mondiaux ont trouvé une certaine stabilité, encore précaire, en Asie après qu’une forte vente sur deux jours a poussé les rendements à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies», souligne Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

Le rendement de l’obligation d’État japonaise de référence à 10 ans a atteint vendredi 3,12%, son plus haut niveau depuis août 1996, avant de se stabiliser à 3,06%.

Le rendement des emprunts d’État américains à long terme (30 ans) a atteint jeudi en séance un plus haut depuis 2004, à 5,50%, tandis que son équivalent à 10 ans a touché 5,22%, niveau plus vu depuis 2007.

Vers 08H30 GMT, les bons du Trésor américain à échéance 10 ans évoluaient à 5,16% et ceux à échéance 30 ans à 5,45%.

En Europe, l’accalmie est également visible. Le taux à 10 ans français s’établissait à 4,66% contre 4,69% jeudi soir, et le taux allemand, la référence sur le continent, à 3,58% contre près de 3,60% la veille à la clôture.

«Le mouvement est modeste, mais après l’ampleur (de la flambée des taux) observée cette semaine, même une petite pause compte», explique Patrick Munnelly. «Pour l’instant, les marchés passent d’une phase de ventes paniques à une phase de réévaluation.»

Petit recul du pétrole

«Un repli des prix du pétrole a contribué à stabiliser la situation», note Patrick Munnelly.

Vers 08H30 GMT, le Brent de la mer du Nord considéré comme la référence mondiale cédait 0,38% à 106,19 dollars le baril et son équivalent américain, le WTI perdait 1,11% à 93,56 dollars le baril.

«Les informations selon lesquelles des négociateurs américains et iraniens discutent d’un accord progressif ont apporté un certain soulagement, Téhéran pouvant potentiellement rouvrir le détroit d’Ormuz tandis que Washington envisagerait d’assouplir son blocus des ports iraniens», explique l’expert de Tickmill Group.

Les tensions dans la région restent vives. L’Arabie saoudite a dit jeudi avoir intercepté une attaque de missiles tirés du Yémen voisin par les Houthis pro-iraniens, qui ciblait notamment Yanbu sur la mer Rouge, site crucial pour un oléoduc offrant une voie d’acheminement du pétrole alternative au détroit d’Ormuz.

Les Bourses respirent

«Les actions ont bénéficié de cette accalmie» sur les taux comme sur les prix de l’énergie, poursuit Patrick Munnelly.

En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,26%, Francfort 0,84%, Londres 0,50% et Milan 1,00%.

«La reprise ressemble davantage à un rebond de soulagement qu’à un véritable retournement de tendance», tempère-t-il. «Les marchés actions peuvent absorber des rendements plus élevés lorsque la croissance est solide, mais la combinaison d’un pétrole en hausse, d’une inflation persistante et d’une anticipation agressive de la Fed (la Réserve fédérale américaine, ndlr) reste un environnement difficile» pour les fortes valorisations, poursuit l’analyste de Tickmill Group.

«Les actions asiatiques sont globalement stables malgré la forte hausse des taux longs mondiaux, alimentée par les craintes d’inflation et de nouvelles hausses de taux», résument les analystes de la société Aurel.

L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 1,30%.

Les Bourses de Taipei, de Corée du Sud et de Chine continentale sont fermées en raison d’un jour férié, réduisant la liquidité dans la région.

AFP