Des frappes menées sur un marché du sud-ouest du Yémen par l'Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite, ont fait sept morts et 40 blessés, ont rapporté dimanche la télévision affiliée aux Houthis pro-iraniens et leur porte-parole militaire.
La chaîne Almasirah, citant le ministère de la Santé des Houthis, a précisé que cinq enfants figuraient parmi les blessés.
Le porte-parole des combattants, Yahya Saree, a accusé l'Arabie saoudite d'avoir «mené deux frappes aériennes contre un marché» dans les environs de Taëz (sud-ouest).
«Ce sang versé injustement» ne restera pas sans «conséquences» pour l'Arabie saoudite, a-t-il déclaré dans un communiqué.
Cette grande ville contrôlée par les forces gouvernementales se trouve sur l'un des principaux fronts des combats avec les Houthis.
Des images diffusées par Almasirah montrent des véhicules aux vitres soufflées ainsi que des entrepôts endommagés, avec des marchandises en désordre recouvertes d'une épaisse couche de poussière.
Après plusieurs années d'accalmie, le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, nouveau front du conflit au Moyen-Orient.
Les hostilités opposent les Houthis, qui tiennent la capitale Sanaa et le littoral yéménite sur la mer Rouge, au gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par Ryad, exilé à Aden (sud), qui contrôle une grande partie du sud et de l'est - une superficie plus vaste mais moins peuplée.
Le conflit s'est intensifié en septembre lorsque les combattants antigouvernementaux ont lancé une offensive meurtrière, consolidant leur contrôle sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.
Ils ont aussi instauré un blocus contre la flotte saoudienne et visé des infrastructures pétrolières du royaume, premier exportateur mondial de brut, ainsi que sa capitale Ryad, pour la première fois depuis des années.
Samedi encore, la puissante monarchie du Golfe a indiqué avoir intercepté deux drones «lancés par la milice terroriste houthie en direction de la région de Riyad».
Dans ce contexte, des écoles de Riyad ont annoncé dimanche qu'elles fonctionneraient en distanciel pour une durée d'une semaine.
Au Yémen, malgré des bombardements saoudiens quotidiens et des combats qui se poursuivent sur le terrain, les forces gouvernementales et Ryad n'ont pas réussi à faire reculer les Houthis, et leurs appels à une aide internationale sont pour l'instant restés infructueux.
Samedi, les Houthis avaient accusé l'armée de l'air saoudienne d'avoir mené 27 frappes dans différentes parties du pays.
AFP