Les marchés mondiaux sont sous tension lundi face à l'impasse diplomatique au Moyen-Orient, qui pousse à nouveau les prix du pétrole à la hausse et alimente les tensions sur le marché de la dette souveraine.
«Les prix du pétrole remontent une nouvelle fois (...) après que les espoirs d'une solution diplomatique permettant de rouvrir le détroit d'Ormuz, qui avaient prévalu la semaine dernière, ont été anéantis», commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB.
Vers 12H00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 3,36%, à 107,83 dollars. Celui du baril de WTI nord-américain gagnait 3,45%, à 95,60 dollars.
Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu'il s'attendait à une reprise prochaine des discussions avec l'Iran, après avoir rejeté un plan de Téhéran visant à rouvrir sous sept jours le détroit d'Ormuz.
La circulation dans ce passage stratégique, par où transitait d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, reste largement paralysée: la République islamique en revendique le contrôle et Washington impose en retour un blocus aux ports iraniens.
«L'échec à trouver rapidement une issue diplomatique a réintroduit une prime de risque géopolitique» sur le brut, note Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Face au regain d'incertitude géopolitique, «les marchés resteront suspendus à l'évolution des négociations entre les États-Unis et l'Iran, ce dernier attendant toujours une réponse officielle des États-Unis par l'intermédiaire des médiateurs», estiment les analystes de Natixis.
La dette souveraine sous pression
Face à la nouvelle hausse des prix de l'énergie, qui attise les tensions inflationnistes, «les obligations sont sous pression», souligne Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.
Sur le marché de la dette, le rendement des bons du Trésor américain à échéance dix ans évoluait à près de 5,22%, autour de niveaux inédits depuis près de vingt ans, avec les anticipations de relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).
En Europe, le rendement de l'emprunt français à 10 ans atteignait près de 4,76%, contre 4,69% vendredi à la clôture. Le «Bund» allemand, référence sur le continent, s'affichait à 3,63% vers 12H00 GMT contre 3,60% vendredi soir.
«Les rendements souverains, à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies, mettent les investisseurs en actions mal à l'aise», explique l'analyste de Swissquote.
Les rendements obligataires élevés rendent les obligations plus attractives que les actions en offrant une rémunération plus élevée pour un risque généralement plus faible, tout en augmentant le coût du financement des entreprises et en réduisant la valeur actuelle de leurs bénéfices futurs.
Les Bourses sans catalyseurs
«Les marchés d'actions sont une nouvelle fois contraints d'arbitrer entre des thèmes structurels solides, notamment l'intelligence artificielle (IA) et les semi-conducteurs, et la pression immédiate exercée par la hausse des rendements et des coûts de l'énergie», relève Patrick Munnelly.
En Europe, vers 12H00 GMT, la Bourse de Paris gagnait 0,41%, Francfort 0,14%, Londres 0,46% et Milan prenait 0,25%.
À New York cependant, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager une ouverture en baisse: l'indice Nasdaq perdait 0,81%, le S&P 500 cédait 0,45% et le Dow Jones 0,53%.
En Asie, à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé lundi en repli de 0,73%. À Séoul, au retour d'une semaine fériée, l'indice Kospi a piqué du nez, terminant en baisse de 2,70%. Sydney a grimpé d'un modeste 0,17%.
Pour Jochen Stanzl, analyste à Consorsbank, la semaine à venir «sera vraisemblablement partagée en deux, avec d'importantes publications trimestrielles dans le secteur de l'IA» avec les résultats de Micron, et des données macroéconomiques.
«Les investisseurs surveilleront les marges, le chiffre d'affaires, la demande anticipée et les bénéfices» de Micron, souligne Kathleen Brooks. «Les marges sont particulièrement surveillées en raison de la flambée des coûts de la mémoire.»
AFP