Le ministre saoudien de la Défense a invité le vice-président émirati, Mansour ben Zayed, à une rencontre ce mardi, première invitation publique à un entretien en tête-à-tête depuis l'apparition de divergences entre les deux alliés au sujet du Yémen.

«Son Altesse Royale le prince Khaled ben Salmane, ministre de la Défense, a invité (...) Son Altesse le cheikh Mansour ben Zayed Al-Nahyan, vice-président des Émirats arabes unis, pays frère, vice-Premier ministre et chef du cabinet présidentiel, à se rendre dans le Royaume demain, mardi», a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué publié sur X.

En décembre, le royaume saoudien avait accusé son voisin émirati de porter atteinte à sa sécurité en soutenant des séparatistes yéménites ayant brièvement pris le contrôle de territoires proches de sa frontière.

La politique étrangère des deux alliés diffère au Yémen, au Soudan mais aussi dans la Corne de l'Afrique, où ils ont chacun soutenu des camps rivaux.

L'invitation saoudienne intervient alors que le royaume essuie depuis plusieurs semaines des attaques des combattants yéménites houthis contre ses pétroliers, ses installations pétrolières, ses aéroports et même sa capitale.

Alors que les Houthis tiennent désormais la capitale yéménite Sanaa et l'ensemble du littoral du pays sur la mer Rouge, Riyad a lancé plusieurs appels à l'aide à ses alliés internationaux, sans succès jusqu'ici.

La semaine dernière, une source proche du bureau du président yéménite Rachad al-Alimi a déclaré à l'AFP qu'il s'était entretenu avec le président américain Donald Trump, mais que celui-ci ne lui avait pas promis de soutien militaire face aux Houthis pro-iraniens.

Selon le New York Times, le prince héritier saoudien a appelé Donald Trump dimanche «pour l'implorer de nouveau d'aider le royaume à contenir les combattants yéménites, une requête que le président américain avait déjà refusée, selon le média Axios.

Les chefs d'état-major de la Turquie, de l'Arabie saoudite et du Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle, se sont entretenus vendredi de l'offensive des combattants houthis pro-iraniens du Yémen contre le royaume, premier exportateur mondial de brut.

En juillet, de hauts responsables saoudiens et émiratis avaient affiché leur amitié sur les réseaux sociaux, signe d'un rapprochement apparent entre les deux puissances du Golfe après la détérioration de leurs relations fin 2025.

Le président de l'Autorité saoudienne pour le divertissement, Turki al-Sheikh, avait alors publié une photo du ministre de la Défense du royaume, Khaled ben Salmane, aux côtés du vice-président émirati, Mansour ben Zayed al-Nahyan.

AFP