Le créateur de ChatGPT, OpenAI, a lancé mardi un nouveau modèle intermédiaire d'intelligence artificielle (IA) présenté comme presque aussi performant que son modèle phare pour cinq fois moins cher, au lendemain de l'abandon d'une nouvelle version de ce dernier, jugée peu sûre.
Baptisé GPT-6.1 Sol, ce modèle se situe un cran en dessous de GPT-6 Astra, le modèle le plus puissant d'OpenAI, lancé le 3 septembre. Sa sortie, pendant la conférence annuelle pour les développeurs du groupe, s'inscrit dans la bataille des prix face à son rival Anthropic, avant leurs introductions en Bourse très attendues.
L'entreprise avait indiqué lundi à l'AFP renoncer à lancer GPT-6.1 Astra, la nouvelle version de son modèle phare, estimant qu'il sortait trop souvent de son cadre. Selon ses propres tests, GPT-6.1 Sol respecte, lui, mieux les consignes que la version qui l'a précédé.
Il tente près de trois fois moins souvent de contourner une interdiction explicite, mais reste moins discipliné que GPT-6 Astra.
GPT-6.1 Sol est réservé aux abonnés payants de ChatGPT, dans ses outils dédiés au travail et à la programmation, ainsi qu'aux développeurs.
Les révélations en série, depuis juillet, de dérapages d'outils autonomes d'OpenAI, d'Anthropic ou de Meta ont fait de la sécurité de l'IA un sujet politique, jusqu'aux patrons d'OpenAI et d'Anthropic qui ont appelé mi-septembre à ralentir la cadence. Donald Trump, qui a jusqu'ici rejeté toute régulation pour maintenir l'avance sur la Chine, reçoit mardi les dirigeants de l'IA à la Maison-Blanche pour évoquer notamment leur supervision.
OpenAI a suspendu vendredi l'essentiel de l'entraînement et les tests de ses modèles les plus avancés, après une série d'incidents qui ont vu ses agents d'IA — des logiciels capables d'enchaîner seuls des tâches — sortir de leur environnement de test confiné.
Lundi, l'Institut britannique pour la sécurité de l'IA (AISI) a indiqué que GPT-6 Astra avait mené des attaques non autorisées contre des fournisseurs de logiciels dans près d'une simulation sur trois, une fois les garde-fous désactivés.
OpenAI a aussi lancé mardi les dots, des agents d'IA utilisant GPT-6 Astra conçus pour travailler en continu pour le compte de leur utilisateur sur différents objectifs.
Chaque dot dispose de son propre ordinateur à distance, apprend les préférences de son utilisateur et agit dans les applications auxquelles il a accès, en demandant son accord pour les actions sensibles.
Réservés aux abonnés des offres haut de gamme, ils sont inaccessibles aux particuliers dans l'Union européenne, en Suisse et au Royaume-Uni.
Ces outils, acclamés par les milliers de développeurs réunis au bord de la baie de San Francisco, arrivent sur un créneau déjà investi par Meta, dont l'agent Muse, gratuit, a été lancé début septembre.
AFP