Les services secrets turcs ont arrêté un suspect clé dans la double attaque meurtrière, survenue en 2013 près de la frontière syrienne, qui avait fait 53 morts en marge de la guerre civile en Syrie, ont annoncé jeudi les médias turcs.
Omar al-Khatib, objet d'une notice rouge d'Interpol et de nationalité syrienne selon l'agence Anadolu, serait le coordinateur de l'opération entre les auteurs de l'attaque et des responsables des services de renseignement fidèles au président syrien de l'époque, Bachar al-Assad.
Il a été arrêté par les services de renseignement intérieurs turcs (MIT), alors qu'il tentait de fuir vers l'Europe par la mer, ont ajouté ces médias en citant des sources sécuritaires.
La date et le lieu précis de l'arrestation n'ont pas été précisés.
Le double attentat aux voitures piégées, dans le district de Reyhanli (sud-est), avait constitué l'attaque la plus meurtrière en Turquie liée aux répercussions de la guerre civile en Syrie, démarrée en 2011.
À l'époque, Ankara avait accusé des groupes extrémistes turcs soutenus par le gouvernement syrien, des accusations que Damas avait rejetées.
Avant l'attentat, le suspect était entré en Turquie par Hatay (sud-est) pour identifier les lieux où l'attaque devait être menée, selon le quotidien Hürriyet. Il aurait également remis aux auteurs le mécanisme utilisé pour l'attentat.
Les participants auraient été récompensés financièrement par le régime syrien de l'époque, affirme Hürriyet.
Le quotidien rappelle que quatre autres auteurs de l'attentat arrêtés ces dernières années ont été condamnés à des peines de prison à vie.
Kifah Melhem, présenté comme le commanditaire, est devenu le chef du Bureau de la sécurité nationale syrienne en février 2024 et aurait fui le territoire après la chute d'Assad en décembre de la même année, toujours selon Hürriyet.
Il figure dans une liste des personnalités syriennes sous sanction du département d'État américain, selon un document daté d'août 2020 sur son site.
La Turquie a été un fervent soutien des rebelles syriens cherchant à renverser Assad et a accueilli des millions de Syriens ayant fui le conflit.
Depuis la destitution d'Assad, Ankara a noué des liens très étroits avec les nouvelles autorités syriennes, dirigées par le président Ahmed al-Chareh.
AFP