Des explosions d'origine inconnue ont été entendues dans la nuit au quartier général des forces armées éthiopiennes (ENDF) dans la capitale fédérale, Addis-Abeba, ont rapporté à l'AFP une source diplomatique et un témoin vivant à proximité immédiate.

Depuis le 23 septembre, des combats ont repris dans le nord de l'Éthiopie, après des mois de tensions, entre le gouvernement fédéral et les autorités rebelles de l'État régional du Tigré, le plus septentrional du pays.

Des «explosions confirmées» ont touché, «vers minuit-01H00» (21H00-22H00 GMT mercredi), le bâtiment abritant le quartier général des ENDF, a indiqué la source diplomatique à l'AFP. «Leur origine est inconnue dans l'immédiat», a ajouté cette source.

Selon une employée d'un bar-restaurant proche, qui ne travaillait pas mercredi soir mais a rapporté à l'AFP le récit de ses collègues présents à ce moment-là, une «explosion s'est produite au QG et était puissante. Elle a secoué les environs».

Un habitant du quartier de Tor Hayloch, où est situé le quartier général, a raconté, sous le couvert de l'anonymat, avoir entendu, «vers 01H00», une «forte explosion». «Pendant quelques minutes, on a entendu un son inquiétant, suivi par une explosion», a expliqué cet habitant.

Contactés par l'AFP, ni le porte-parole des ENDF ni la porte-parole du Premier ministre Abiy Ahmed n'ont répondu pour le moment.

Le Service national éthiopien du renseignement et de la sécurité (National Intelligence and Security Service, NISS) a interdit mercredi tout vol de drones au-dessus et autour de la capitale fédérale jusqu'à nouvel ordre.

Quelques jours avant la reprise des hostilités actuelles, sept groupes armés opposés au gouvernement, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation qui dirige de fait – et illégalement, selon Addis-Abeba – le Tigré, avaient annoncé s'allier pour «renverser» le gouvernement de M. Abiy.

Les combats se limitent actuellement à quelques zones du nord de l'Éthiopie, essentiellement frontalières du Tigré, dans les États voisins de l'Amhara et de l'Afar. Les forces fédérales éthiopiennes ont néanmoins effectué une première percée lundi en prenant une première localité du Tigré, Alamata, située sur la route menant à Mekele, la capitale régionale, moins de 200 km plus au nord.

Les milices amhara Fano, membres de l'alliance, prennent part aux combats en cours. L'Armée de libération oromo (OLA), autre membre de l'alliance, reste active dans la région de l'Oromia, la plus vaste et peuplée d'Éthiopie, qui enserre Addis-Abeba, sans qu'il soit possible de savoir si elle agit en coordination avec le TPLF et les Fano.

Le gouvernement fédéral et le TPLF se sont déjà affrontés entre 2020 et 2022 lors d'un conflit à grande échelle, extrêmement destructeur au Tigré et l'un des plus meurtriers récemment dans le monde, qui a fait au moins 600.000 morts, selon l'Union africaine, une estimation jugée basse par nombre d'observateurs.

AFP