Le 10 octobre 2025 entrait en vigueur, dans la bande de Gaza, le cessez-le-feu conclu la veille entre Israël et le Hamas. L'Égypte, le Qatar, la Turquie et les États-Unis avaient servi de médiateurs. Première étape du plan en vingt points de Donald Trump, l'accord a permis le retour des otages et mis fin à deux années de guerre.
En novembre, le Conseil de sécurité de l'ONU l'a endossé par la résolution 2803. Celle-ci confie l'administration transitoire de l'enclave, jusqu'à la fin de 2027, à un Conseil de la paix avec le président américain à sa tête.
Un an plus tard, la trêve tient formellement. Mais le retrait israélien, le désarmement du Hamas, le déploiement d'une force internationale et la reconstruction sont toujours en attente.
Des violences qui se poursuivent
Le ministère de la Santé de Gaza recense plus de 1.440 Palestiniens tués depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. À la mi-juin, il faisait état de 1 009 morts, selon des chiffres rapportés par l'agence Reuters.
L'armée israélienne mène des frappes quasi quotidiennes et affirme viser des cibles militaires. Selon des observateurs du conflit cités par Al Jazeera, ces bombardements se sont intensifiés depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, en février. Depuis octobre 2023, le bilan de la guerre dépasse 73.000 morts, d'après les autorités sanitaires locales.
Une ligne de démarcation qui avance
L'accord prévoyait un repli des troupes israéliennes derrière une «ligne jaune», qui leur laissait le contrôle d'environ 53% du territoire. Cette ligne s'est depuis déplacée vers l'ouest. Al Jazeera cite le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), selon lequel la zone d'accès restreint couvrait 64,9% de la bande de Gaza en juin.
Fin mai, dans des images diffusées par la chaîne israélienne Channel 12, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé contrôler 60% du territoire. Il a dit avoir donné l'ordre d'atteindre 70%. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s'est publiquement félicité de cette progression. Les quelque deux millions d'habitants sont ainsi concentrés sur une portion du territoire de plus en plus réduite.
Le désarmement du Hamas, principal point de blocage
Fin juillet, Donald Trump a annoncé un accord «historique» pour le désarmement complet et progressif du Hamas, à l'issue de pourparlers au Caire. Le mouvement islamiste n'y a vu qu'un projet. Ghazi Hamad, membre de son équipe de négociation, a déclaré à Al Jazeera qu'aucune mesure ne serait prise avant un retrait israélien.
Selon des sources citées par Reuters, le Hamas a fait savoir aux médiateurs qu'il exigeait des garanties d'un retrait total avant toute discussion sur ses armes. Israël pose la condition inverse et refuse de quitter la ligne jaune tant que le désarmement et la démilitarisation de l'enclave ne sont pas achevés. Depuis l'annonce de juillet, le processus est à l'arrêt, chacune des parties refusant de remplir les conditions posées par l'autre, rapporte Reuters.
Une administration et une force internationale toujours absentes
En janvier, le Comité national pour l'administration de Gaza a été formé. Cet organe de technocrates palestiniens est présidé par Ali Shaath, ancien vice-ministre de l'Autorité palestinienne. Il a tenu sa première réunion au Caire, mais Israël l'a empêché d'entrer dans l'enclave, selon le Times of Israel.
En septembre, le Conseil de la paix évoquait encore son installation à Gaza comme une étape à venir. Dans un rapport publié le 24 août, l'International Crisis Group estime que la deuxième phase de l'accord n'a toujours pas véritablement commencé.
Il en va de même pour la Force internationale de stabilisation. En février, son commandant, le général américain Jasper Jeffers, a annoncé les premiers engagements de troupes, rapporte Reuters. Ils venaient de l'Indonésie, du Maroc, du Kazakhstan, du Kosovo et de l'Albanie. L'objectif est de 20.000 soldats et de 12.000 policiers palestiniens, avec un premier déploiement à Rafah. Le premier financement significatif n'a été notifié au Congrès américain qu'en juillet, pour un montant de plus de 206 millions de dollars.
Une reconstruction suspendue au calendrier israélien
Le 23 septembre, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le Conseil de la paix a présenté un plan de relance de six mois, révélé par Axios. Il compte 66 projets pour un coût de 2,45 milliards de dollars. Le document évalue les dégâts matériels à 35,2 milliards de dollars et le coût de la reconstruction complète à 71,4 milliards sur dix ans. Selon la BBC, 18 milliards de dollars ont été promis par les donateurs, mais 280 millions seulement ont été versés.
Sur le plan humanitaire, la situation s'est améliorée depuis 2025, mais elle reste précaire. Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire classe l'ensemble de la bande de Gaza en phase 3, dite «de crise». Selon cet organisme, 1,4 million de personnes devraient connaître une insécurité alimentaire aiguë d'ici la fin de l'année.
Axios indique que les responsables du Conseil de la paix espèrent voir le processus repartir après les élections législatives israéliennes du 27 octobre et la formation d'un nouveau gouvernement. En attendant, les sommes effectivement versées représentent moins de 0,4% du coût estimé de la reconstruction.