Deux personnes ont péri dans une attaque de missiles tôt mercredi sur Kiev, alors que Moscou intensifie ses frappes sur la capitale ukrainienne.
Dans une allocution mardi soir, le président Volodymyr Zelensky a mis en garde contre le risque d'une «attaque massive» russe sur la capitale, visée quasi quotidiennement.
Un journaliste de l'AFP a entendu des explosions tout au long de la nuit dans la capitale, où l'armée ukrainienne a lancé une alerte aux missiles balistiques.
Deux personnes ont été tuées dans le district de Darnytsky, dans le sud-est de la capitale, selon un premier bilan des autorités militaires.
«Tout Kiev vit dans la peur», témoigne Iryna Rybalchenko, une employée de banque de 41 ans, réfugiée dans le métro pendant l'alerte. «On a pris nos affaires et on est venus ici» après avoir entendu la mise en garde de M. Zelensky, ajoute-t-elle.
«Nous avons déjà eu très peur lors d'un bombardement, les enfants étaient absolument terrifiés, aussi maintenant à chaque gros bombardement on va dans le métro», confie elle aussi Daria Medvedeva, une economiste âgée de 36 ans.
Restrictions électriques
Les autorités ukrainiennes accusent la Russie de chercher à détruire systématiquement les infrastructures du pays face à son incapacité à progresser sur le front près de cinq ans après le déclenchement de la guerre par le Kremlin.
Des frappes russes ont touché récemment deux des principaux ponts de la capitale et mardi, l'opérateur local DTEK a mis en place de restrictions d'électricité après des attaques contre des installations énergétiques a l'approche de l'hiver.
La semaine dernière, le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, avait affirmé que la capitale se trouvait «dans une situation dramatique» en raison des frappes russes incessantes, accusant Moscou de vouloir «saccager» la ville.
Les alertes incessantes pèsent aussi sur l'activité économique, la population étant invitée à abandonner les postes de travail pour se mettre à l'abri.
La ville de Zaporijjia, dans le centre du pays, a elle aussi été visée dans la nuit de mardi à mercredi: une «infrastructure de transport» y a été attaquée, selon le chef de l'administration militaire locale, Mykhailo Semikin, sans donner davantage de détails.
Selon des témoignages non confirmés à ce stade par les autorités, le grand pont à haubans traversant le Dniepr, inauguré quelques semaines avant le début l'offensive russe de février 2022, a été touché.
Mardi, un pont de Zaporijjia avait déjà été ciblé, selon M. Semikin.
Par Phil HAZLEWOOD / AFP