Des drones éthiopiens ont frappé à de multiples reprises depuis mercredi soir des troupes érythréennes récemment déployées autour de la ville d'Adigrat, dans le nord de l'État régional éthiopien du Tigré, frontalier de l'Érythrée, ont annoncé jeudi à l'AFP des témoins et l'ONG Acled.

Selon des habitants d'Adigrat, des unités érythréennes qui s'étaient déployées ces derniers jours dans cette ville située à environ 40 km de route au sud de la frontière de l'Érythrée, mais aussi plus au sud en direction de la capitale régionale Mekele, ont été vues se repliant au nord de la ville.

La situation est de plus en plus tendue entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, faisant craindre une nouvelle guerre après celle qui les a opposés entre 1998 et 2000.

Selon Acled, ONG spécialisée dans la collecte et l'analyse de données sur les conflits armés dans le monde, de «multiples» frappes de drones ont visé depuis mercredi soir et jusqu'à jeudi matin «troupes et munitions érythréennes chargées sur des véhicules militaires» dans les environs d'Adigrat.

Un habitant d'Adigrat qui a requis l'anonymat a fait état auprès de l'AFP de «nombreuses frappes de drones» durant la nuit, assurant que des «camions érythréens (avaient) été détruits». «Les soldats érythréens ne sont plus dans les rues» d'Adigrat, «la rumeur est qu'ils se sont réfugiés dans les collines» au nord de la ville, a-t-il poursuivi.

Interrogées sur la situation dans le nord de l'Éthiopie, ni les autorités d'Asmara ni celles d'Addis-Abeba n'ont pour l'instant donné suite.

Les forces érythréennes ont épaulé l'armée fédérale éthiopienne durant la précédente guerre du Tigré, qui a fait rage entre 2020 et 2022 entre l'Éthiopie et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirigeait le Tigré et défiait l'autorité fédérale.

Un accord de paix en 2022 avait fait taire les armes, mais n'a pas empêché la reprise des tensions et les hostilités ont repris le 23 septembre entre le gouvernement fédéral éthiopien et le TPLF, qu'Addis-Abeba accuse désormais Asmara de soutenir.

AFP