Le président de la République, Joseph Aoun, a accusé jeudi Israël de poursuivre ses «actes d'agression» dans les villages et localités du Sud dont il ne s'est pas encore retiré, «violant ainsi les dispositions de l'accord-cadre signé entre les deux pays sous parrainage américain». Il s'exprimait lors d'un entretien à Baabda avec le sénateur républicain de l'Oklahoma, James Lankford, en présence de l'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa.
«Nous exerçons des pressions dans toutes les directions pour empêcher Israël de détruire les maisons et les biens civils dans les villages et localités occupés, et pour achever le retour des détenus», a ajouté le chef de l'État. Il a assuré que les habitants du Sud attendent que l'État étende son autorité et déploie l'armée jusqu'aux frontières reconnues. Il a aussi souligné que l'armée accomplit ses missions au Sud comme dans le reste du pays et qu'elle a besoin d'un soutien en équipements et en véhicules pour les mener à bien.
L'entretien a porté sur les derniers développements au Sud, la poursuite des agressions israéliennes et l'avancée de l'accord-cadre, selon la présidence.
La délégation américaine s'est ensuite rendue à Aïn el-Tiné, où il a été reçu par le président du Parlement, Nabih Berry. Le président de la Chambre a affirmé devant le sénateur qu'Israël n'a respecté à aucun moment les accords conclus avec le Liban. Il a cité la résolution 425 du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU), la résolution 1701, l'accord de novembre 2024 et l'accord-cadre trilatéral. «Le problème est toujours le même, le non-respect par Israël des obligations de tous les accords», a-t-il déclaré.
Cette visite intervient une semaine après celle d'une délégation de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants américaine, menée par le démocrate Josh Gottheimer et le républicain Darin LaHood. La délégation avait rencontré Joseph Aoun, Nabih Berry, le chef des Forces libanaises Samir Geagea et plusieurs députés.
James Lankford était au Liban le même jour que la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas.