Les États-Unis ont convié les conseillers à la sécurité nationale de France, d'Allemagne et du Royaume-Uni, ainsi que des représentants de l'Union européenne et de l'Otan, à se joindre à des discussions avec l'Ukraine à Miami en Floride, ont indiqué à l'AFP des responsables américains.
Volodymyr Zelensky a été le premier à annoncer les pourparlers américano-ukrainiens, qui se tiendront vendredi et samedi, avant que Washington ne fasse part de ce format élargi.
«La délégation ukrainienne doit rencontrer demain aux États-Unis Jared Kushner et Steve Witkoff. (...) La réunion devrait durer deux jours», a déclaré le président ukrainien à des journalistes, disant «compter également sur la participation d'une équipe européenne».
L'équipe ukrainienne sera composée du chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Kyrylo Boudanov, de l'ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov et de deux autres hauts responsables, Serguiï Kyslytsia et David Arakhamia.
Outre Jared Kushner, gendre du président américain agissant en qualité de médiateur inofficiel, et l'émissaire spécial Steve Witkoff, des représentants du conseil de sécurité national et du ministère des Finances américain participeront.
Les efforts de médiation américains étaient au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février mais ont repris ces dernières semaines.
Les pourparlers porteront sur de «nouvelles idées» avancées par les États-Unis pour mettre fin au conflit avec la Russie, en particulier des «propositions de garanties de sécurité pour l'Ukraine» et «un projet de prospérité pour l'après-guerre», ont précisé les sources américaines.
Washington juge que les inquiétudes sur l'arrivée de l'hiver et l'approvisionnement en énergie encouragent la reprise des discussions.
«Les Européens ont fait part aux États-Unis de leurs préoccupations face aux coûts élevés de l'énergie et aux autres répercussions financières majeures de la guerre en Ukraine. Ils sont tous nerveux à l'arrivée de l'hiver», a jugé un haut responsable américain interrogé par l'AFP.
«L'hiver sera rude si la guerre ne s'arrête pas. Les États-Unis essaient donc de jouer les médiateurs avec pour objectif d'arriver à une proposition unifiée», a-t-il ajouté.
Jared Kushner et Steve Witkoff s'étaient rendus en septembre à Moscou et à Kiev mais les pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens n'ont toujours pas recommencé.
À cet égard, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a jugé jeudi «l'impasse» actuelle dans le conflit «très dangereuse».
«L'un des camps, ou les deux, vont intensifier ce qu'ils font pour tenter de briser l'adversaire», a-t-il estimé jeudi.
Après une campagne de frappes infructueuse de «40 jours» destinée à faire chavirer l'économie russe, l'Ukraine et ses alliés européens plaident désormais pour un cessez-le-feu dans le secteur énergétique et en mer.
Le président russe Vladimir Poutine avait rejeté la semaine dernière une telle idée.
Au moins 30 personnes ont été tuées jeudi dans une frappe russe ayant touché deux bus à Kramatorsk, une ville-clé sur le front dans l'est de l'Ukraine, l'une des attaques les plus meurtrières de ces dernières semaines à laquelle Kiev a promis une «réponse».
AFP