La diffusion en direct annoncée aux États-Unis de la mise à mort par un peloton d'exécution de l'auteur d'une tuerie sur une base militaire constituerait une forme de «torture», a dénoncé vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

L'exécution de l'auteur de cette tuerie qui avait fait 13 morts au Texas en 2009 sera diffusée en direct, a annoncé jeudi un responsable du ministère américain de la Défense.

«Comme le Haut-Commissaire l'a souligné en réaction aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran, les exécutions publiques constituent une forme de traitement ou de peine cruel, inhumain ou dégradant. La diffusion en direct d'une exécution équivaut à une exécution publique et violerait l'interdiction absolue de la torture», a estimé le Haut-Commissariat dans un message transmis à l'AFP.

«Le non-respect de cette interdiction rendrait inévitablement l'exécution arbitraire par nature. Cela entraînerait une violation du droit à la vie», a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat rappelle que, selon le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, «l'interdiction absolue de la torture interdit les exécutions publiques».

L'exécution de Nidal Hasan, un Américain musulman d'origine palestinienne qui avait ouvert le feu le 5 novembre 2009 dans un centre médical de l'immense base de Fort Hood, sera «diffusée en direct», a dit jeudi à l'AFP le responsable du ministère américain de la Défense sous le couvert de l'anonymat.

Psychiatre militaire, Nidal Hasan avait ouvert le feu à Fort Hood pour empêcher les soldats de participer à une guerre qu'il jugeait «illégale» en Afghanistan et en Irak.

Considéré comme un loup solitaire du groupe jihadiste Al-Qaïda, il avait tué 13 personnes, dont 12 soldats, et fait des dizaines de blessés.

Touché à la colonne vertébrale durant la fusillade, il est depuis handicapé et se déplace en fauteuil roulant. Il a été condamné à mort en 2013.

Le chef du Pentagone a souligné qu'il s'agira de la première exécution militaire par peloton d'exécution depuis la Seconde Guerre mondiale, avec la mise à mort d'Eddie Slovik, exécuté pour désertion en 1945.

AFP