Le dollar tourne au ralenti vendredi, sans baisser franchement malgré la retombée des cours du pétrole qui freine l'envolée des rendements obligataires.

Le président Donald Trump a annoncé jeudi qu'il excluait d'attaquer l'Iran avant les élections législatives du 3 novembre aux États-Unis, en assurant que Washington avait des «discussions productives» avec Téhéran.

Cette mise au point arrive après le bond des cours du pétrole jeudi en raison d'informations de presse évoquant justement de nouvelles frappes américaines avant les «midterms».

Or un apaisement des prix de l'énergie calme les anticipations d'inflation, et donc les taux d'emprunts. Ils ont récemment connu une importante flambée qui avait profité au billet vert en tant que valeur refuge.

En conséquence, «le dollar perd un peu de terrain» vendredi, «mais nous ne voyons pas de signes annonçant une correction plus large du billet vert», pense Francesco Pesole, d'ING.

Selon l'analyste, malgré les déclarations du président américain et une amélioration de l'offre en provenance du Golfe, «le marché pétrolier hésite à éliminer la prime géopolitique qui a maintenu les prix au-dessus de 100 dollars le baril».

Vers 10H15 GMT (12H15 heure de Paris), le billet vert cédait à peine 0,04% à la monnaie unique européenne, à 1,1216 dollar pour un euro.

L'or, actif refuge concurrent du billet vert, profite de sa faiblesse vendredi pour gagner 1,27% à 4.185,02 dollars.

La devise européenne souffre ces derniers jours d'inquiétudes sur la soutenabilité de la dette française et sur la situation politique en Espagne.

Sans présager de la trajectoire monétaire future, le compte-rendu de la dernière réunion de la Banque centrale européenne (BCE), paru jeudi, «montre que le Conseil des gouverneurs était unanime pour considérer qu'une dégradation des perspectives d'inflation et la résilience de l'économie justifiaient une hausse» de taux en septembre, analyse Carsten Brzeski, d'ING.

En parallèle, le commissaire européen au commerce Maros Sefcovic a engagé jeudi à Pékin des entretiens sur le déficit commercial de l'Union européenne avec la Chine, qui atteint depuis 2025 autour d'un milliard d'euros par jour.

«Ces discussions coïncident avec la publication hier d'un document de la Banque populaire de Chine (PBoC) défendant la politique de change du pays et contestant l'idée que le (faible, ndlr) niveau du yuan soit à l'origine du large excédent commercial chinois», souligne Derek Halpenny, de MUFG.

L'analyste avertit en outre qu'«une escalade vers un conflit commercial plus marqué pourrait être un nouveau facteur négatif pour l'euro».

Cours de vendredi Cours de jeudi

10H15 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1216 1,1211

EUR/JPY 177,57 177,01

EUR/CHF 0,9318 0,9325

EUR/GBP 0,8472 0,8476

USD/JPY 158,32 157,88

USD/CHF 0,8308 0,8317

GBP/USD 1,3239 1,3228

AFP