L'indice mondial de pauvreté multidimensionnelle a enregistré sa première hausse depuis sa création en 2010, portant à 1,2 milliard le nombre de personnes concernées, a annoncé lundi le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Dans l'édition 2026 de leur rapport annuel, l'agence de l'ONU et le centre de recherche Initiative d'Oxford sur la pauvreté et le développement humain (OPHI) recensent 51,5 millions de personnes supplémentaires en situation de pauvreté «aiguë» par rapport à l'année précédente.
C'est la première augmentation enregistrée en seize ans, d'après les organisations.
«La hausse de la pauvreté doit servir de signal d'alarme pour le monde entier», estime l'administrateur du PNUD Alexander De Croo, cité dans un communiqué.
«Derrière ces chiffres se cachent 1,2 milliard de personnes confrontées à des difficultés qui constituent un cercle vicieux: la faim, la déscolarisation et le manque d'accès à l'eau potable ou à l'électricité», poursuit-il.
Selon le PNUD et l'OPHI, plus de la moitié des personnes touchées (51,5%) sont des mineurs.
Les organisations indiquent toutefois que la croissance démographique constitue un facteur majeur de cette hausse, et que de nouvelles données n'étaient disponibles que pour 13 des 108 pays couverts par le rapport.
Si le nombre total de personnes vivant dans la pauvreté a augmenté, le rapport dresse un tableau contrasté. Au cours des quinze dernières années, 33 pays ont réduit de moitié la proportion de leur population vivant dans la pauvreté telle que définie par l'indice.
Parmi eux figurent six pays d'Afrique subsaharienne. Selon le PNUD, les progrès les plus rapides ont été enregistrés en Asie, notamment en Chine et au Vietnam.
L'extrême pauvreté frappe toujours davantage les zones rurales qu'urbaines, avec près de 83,3% des personnes pauvres dans le monde qui vivent à la campagne.
Comme l'année précédente, la majorité des plus pauvres vivent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, c'est-à-dire le sous-continent indien, la région la plus peuplée de la planète.
«Nous savons que le progrès est possible», insiste Alexander De Croo. «Les pays qui ont relevé ces défis ensemble, plutôt que chacun de leur côté, ont montré ce qu'une action résolue peut permettre d'accomplir.»
La pauvreté multidimensionnelle inclut des indicateurs tels que le manque de logements adéquats, de systèmes d'assainissement, d'électricité, de combustibles pour la cuisine, d'alimentation et d'accès à l'éducation.
AFP