Les ministres britannique et allemand des Affaires étrangères ont appelé mardi à prendre davantage de sanctions contre la Russie en raison de la guerre en Ukraine, après que Donald Trump a annoncé un allègement de celles imposées par les États-Unis au diesel russe.
«Je dirais que ce n'est pas le moment d'assouplir le régime des sanctions mais, au contraire, de le renforcer», a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, dans une intervention au Forum de Varsovie sur la sécurité.
L'Ukraine et ses alliés européens ont été déconcertés par la décision qu'a prise la semaine dernière le président américain de lever les sanctions sur le diesel russe, dans le cadre d'un accord en vue d'approvisionner les États-Unis.
Lundi, l'Union européenne a quant à elle officiellement ajouté près de 1.600 nouvelles personnes physiques et entités russes sur sa liste noire de sanctions, afin de maintenir la pression sur la Russie.
«Nous maintenons le cap», a souligné M. Wadephul, ajoutant que l'Europe demandait à Washington d'en faire autant.
Son homologue britannique, Ed Miliband, a de son côté salué la dernière initiative de l'UE et a insisté sur la nécessité d'«accentuer encore les sanctions».
«Nous devons envoyer le bon message», a-t-il insisté dans la capitale polonaise.
Tout en critiquant la décision de Donald Trump de lever les sanctions sur le diesel russe, les alliés occidentaux de l'Ukraine ont tous soutenu son appel à une pause dans les frappes contre le secteur énergétique.
La Russie lance des vagues d'attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes depuis le début de l'invasion en février 2022, privant des millions de personnes d'électricité et de chauffage les mois d'hiver. En retour, Kiev prend pour cible des raffineries de pétrole russes.
«Prenons au sérieux cette question de trêve énergétique évoquée par le président Trump», a dit M. Miliband. Il a toutefois estimé qu'il ne devait pas s'agir uniquement de suspendre les bombardements des raffineries de pétrole mais d'une «vaste trêve énergétique».
L'Ukraine ne compte à cet égard qu'une seule raffinerie de pétrole, a rappelé lundi le président Volodymyr Zelensky.
«Rien que la semaine dernière, nous avons constaté 200 attaques russes contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes», a poursuivi le chef de la diplomatie britannique.
«Cherchons, avec le président Trump, à amener (le chef de l'État russe Vladimir) Poutine à respecter cette trêve énergétique totale car c'est ce dont nous avons besoin», a-t-il affirmé, assurant que M. Zelensky avait adhéré à cette idée.
M. Wadephul s'est également prononcé pour une trêve énergétique totale, suggérant qu'elle soit élargie pour y inclure les frappes en mer Noire.
AFP