Trois questions, quinze minutes et une longue ode à Donald Trump: la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche, Katie Zacharia, a donné mardi le ton lors de ses débuts en salle de presse.

«Je peux désormais faire ce que je faisais déjà à l'extérieur, à savoir amplifier, multiplier et développer l'incroyable programme du président Trump», a déclaré cette admiratrice du mouvement MAGA.

Elle succède à Karoline Leavitt, porte-parole expérimentée et combative, à un moment où les républicains abordent les élections capitales de mi-mandat sous la menace d'un revers.

Peu connue du grand public, Katie Zacharia, 41 ans, a ouvert sa première conférence de presse en donnant lecture, à un rythme particulièrement lent, d'une longue liste de ce qu'elle a présenté comme les réussites d'un président américain qualifié «d'énergique».

Ce type de prise de parole est habituellement suivi d'une longue séance de questions-réponses. Cette fois, pourtant, la porte-parole ne s'est prêtée qu'à trois questions.

La première est venue du site conservateur Breitbart, régulièrement accusé de relayer des théories complotistes. Les suivantes ont été posées par la chaîne conservatrice Fox News, l'un des principaux soutiens médiatiques de Trump, puis par le tabloïd britannique conservateur Daily Mail.

Quinze minutes après son arrivée au pupitre, elle a mis fin au point presse et quitté la salle sous les questions criées de journalistes, restés sans réponse.

Donald Trump a lui jugé la prestation satisfaisante.

«J'ai pensé qu'elle avait été très bonne», a déclaré le président américain à la presse au moment de quitter la Maison Blanche pour un déplacement en Alaska.

«Mon président»

Jusqu'ici, Mme Zacharia intervenait comme commentatrice sur Fox News et le média de droite Newsmax, et conseillait Trump Media and Technology, le groupe propriétaire du réseau Truth Social.

Son arrivée à la Maison Blanche survient au moment où Donald Trump est engagé dans une stratégie de confrontation avec plusieurs médias jugés hostiles. L'administration américaine avait notamment suspendu les accès de CNN, MSNOW et Politico à la Maison Blanche.

Steven Cheung, directeur de la communication de la Maison Blanche, a salué la prestation de Katie Zacharia, affirmant qu’elle avait «captivé son auditoire» et rappelé aux Américains le «travail remarquable» accompli par le milliardaire républicain.

Mais le commentateur libéral Brian Krassenstein a prédit au contraire qu'elle serait «un désastre». Le tabloïd New York Post a jugé qu'elle semblait «nerveuse».

Durant ce premier briefing, la porte-parole a bien fait une annonce : l'administration Trump a «demandé la démission» de l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, à la suite d'accusations de corruption.

Pour le reste, son intervention a surtout consisté à défendre l'action du président républicain, dont la popularité recule à mi-mandat sur fond de guerre impopulaire contre l'Iran, de difficultés économiques et de controverses intérieures.

Interrogée sur les conséquences de cette fonction exigeante sur sa vie personnelle, elle a expliqué comment sa famille, composée de quatre enfants, s'adaptait à ce nouveau rythme. Et conclu sur un lapsus qui a déclenché quelques rires dans la salle en évoquant «mon président, excusez-moi, mon mari».

AFP