Le gaz européen a touché mardi son plus haut niveau depuis décembre 2022, porté par les perturbations d'approvisionnement liées à la guerre au Moyen-Orient, tandis que le pétrole a clôturé sans direction claire.
Vers 19H00 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence du gaz pour l'Europe, grimpait de 2,91 %, à 86,80 euros le mégawattheure, après s'être affiché au plus haut à 87,43 euros.
«Le marché se confronte à l'idée que nous nous apprêtons à traverser une grande partie de l'hiver dans l'hémisphère Nord avec très peu d'approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL) provenant du golfe Persique», ont souligné les analystes d'ING.
La guerre au Moyen-Orient a notamment perturbé la production et les exportations de GNL du Qatar.
«Si les données de suivi des navires montrent une certaine amélioration du trafic de GNL, les flux restent largement inférieurs à leurs niveaux d'avant-guerre et le calendrier d'un retour complet à la normale demeure très incertain», souligne Adam Turnquist, de LPL Financial.
La perte durable d'une partie de l'offre alimente, en outre, une concurrence accrue entre acheteurs asiatiques et européens, deux régions importatrices de gaz, ce qui fait monter les prix.
À l'approche de l'hiver, les stocks européens ne sont remplis qu'à 73,75 %, soit «en dessous des 83 % observés au même stade l'an dernier et également en dessous de la moyenne sur cinq ans, qui est de 89 %», ont précisé les analystes d'ING.
L'Allemagne notamment est très en dessous de la moyenne avec des stocks remplis à seulement 59,96 %, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI).
Côté pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, a perdu mardi 0,90 %, à 105,69 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, s'est octroyé 0,43 %, à 94,14 dollars.
«Les attaques iraniennes contre les pétroliers dans le Golfe se sont multipliées ces derniers jours», observe auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA. «Et les tensions entre les Houthis et l'Arabie saoudite s'intensifient».
La coalition militaire menée par Riyad a bombardé mardi un site pétrolier au Yémen, selon le média des combattants pro-iraniens houthis qui ont promis de riposter en ciblant des locaux du géant pétrolier Aramco et l'aéroport de la capitale saoudienne.
En parallèle néanmoins, la levée de certaines sanctions américaines sur les exportations russes de pétrole favorise une détente des prix.
AFP