L'Agence internationale de l'énergie (AIE) anticipe une amélioration de la production mondiale de diesel début 2027, mais cela sera insuffisant pour compenser le déficit accumulé en 2026 et «le marché va rester tendu en 2027», a-t-elle averti mercredi.

La situation sur le marché du gazole, dont les prix flambent, reste en outre dépendante d'une «reprise de l'approvisionnement en produits pétroliers en provenance du Moyen-Orient», faute de quoi «de nouvelles réductions de la demande» pourraient devoir intervenir, avec des «coûts économiques importants», détaille l'organisation basée à Paris, dans son rapport mensuel sur le marché mondial du pétrole.

L'AIE observe que les marchés mondiaux du gazole «se sont tendus de manière atypique au troisième trimestre 2026», en raison de la guerre au Moyen-Orient qui a perturbé les exportations d'hydrocarbures et notamment de produits raffinés, et de la guerre entre la Russie et l'Ukraine lors de laquelle sont de plus en plus ciblées des infrastructures énergétiques, notamment les raffineries russes.

«Cette situation a privé les marchés mondiaux du gazole de réserves essentielles à l'approche de la période de pointe de la demande hivernale», commente-t-elle, estimant que «même si les taux de fonctionnement des raffineries devraient s'améliorer rapidement d'ici la fin de l'année, l'offre de gazole restera insuffisante pour satisfaire la demande au quatrième trimestre 2026».

La reconstitution des stocks est donc jugée «peu probable» avant la deuxième moitié de 2027 et le marché va rester tendu car de nombreux secteurs sont très dépendants de ce carburant, notamment le transport routier, l'agriculture, le secteur de la construction ou l'industrie.

«La demande mondiale de gazole est étroitement liée à l'activité économique, ce qui la rend relativement peu sensible aux variations de prix», commente l'AIE mercredi.

Les prix records du diesel ont déjà «de larges répercussions économiques, en augmentant le coût des biens et en pesant sur le revenu réel des ménages, l'activité économique et l'inflation», souligne l'institution.

Concernant le pétrole, après avoir longtemps estimé que la demande mondiale en 2026 resterait supérieure à celle de l'année précédente, elle anticipe depuis plusieurs mois une baisse en rythme annuel.

Mercredi, l'agence revoit de nouveau légèrement à la baisse son estimation de cette demande mondiale: elle prévoit désormais une baisse de 2,6 millions de barils par jour en 2026, soit une demande moyenne équivalente à 102,4 Mb/j.

En septembre, elle anticipait une baisse de 2,5 Mb/j, et en août, elle s'attendait à un repli de 1,6 Mb/j.

AFP