Le roi du Maroc, Mohammed VI, a nommé vendredi les membres du nouveau cabinet, présidé par Fatima Ezzahra El Mansouri, la première cheffe du gouvernement de l’histoire de son pays, avec le maintien de plusieurs ministres sortants dont ceux de l’Intérieur et des Affaires étrangères.
Le monarque a présidé au palais royal de Rabat la cérémonie de nomination du nouveau cabinet, a annoncé l’agence officielle MAP.
Sur 31 portefeuilles, 13 ministres ont été reconduits dont Nasser Bourita aux Affaires étrangères et Abdelouafi Laftit à l’Intérieur (sans appartenance politique).
Fouzi Lekjaa, qui a rejoint cet été le Parti libéral Authenticité et Modernité (PAM), vainqueur des élections du 23 septembre, a été promu ministre de l’Économie après avoir été ministre délégué chargé du Budget depuis 2021. Il est également président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
La coalition gouvernementale est menée par le PAM avec l’Istiqlal (droite) et les partis de gauches l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et Parti du progrès et du socialisme (PPS). Ces quatre partis forment une majorité au Parlement avec 210 sièges sur 395.
Ce gouvernement compte sept femmes avec la Première ministre, comme le précédent cabinet.
«Nous avons un programme gouvernemental ambitieux, à même de répondre aux attentes des citoyens», a déclaré la cheffe du gouvernement à des médias publics à l’issue de la réception royale.
Elle devra s’attaquer en particulier aux inégalités sociales et territoriales, un enjeu majeur au Maroc.
Fin juillet, l’afflux inédit et massif de jeunes Marocains pour rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta a braqué les projecteurs sur le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse.
Réduire les disparités et restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique feront ainsi partie des principaux chantiers de ce nouveau gouvernement après un scrutin législatif marqué par un taux de participation de 38%, au plus bas depuis près de 20 ans.
Le gouvernement devra également porter les préparatifs du Mondial-2030 qui sera co-organisé avec l’Espagne et le Portugal.
La Constitution de 2011 a accordé de larges prérogatives au Parlement et au gouvernement, mais les décisions stratégiques demeurent l’apanage du roi.
AFP