L'Arabie saoudite a exécuté cinq Saoudiens samedi pour «terrorisme», a annoncé le ministère de l'Intérieur, portant à 188 le nombre d'exécutions en 2026, d'après un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles.
Les cinq hommes «ont commis des crimes terroristes consistant à rejoindre une organisation terroriste étrangère, à ouvrir le feu à plusieurs reprises sur des membres des forces de sécurité (...) à détenir des armes (...) ainsi qu'à apporter un soutien au financement et à l'exécution d'opérations terroristes», dans le royaume, selon le ministère.
Les exécutions ont eu lieu dans la province orientale, riche en pétrole, où vit l'essentiel de la minorité chiite saoudienne, qui dénonce de longue date sa marginalisation dans ce pays majoritairement sunnite.
Depuis janvier, le royaume a procédé à 15 exécutions pour «terrorisme», majoritairement dans l'est, contre 40 en 2025.
L'Arabie saoudite précise rarement la date des faits reprochés aux condamnés.
En 2021, un homme avait aussi été exécuté à Dammam, chef-lieu de cette province orientale. Selon Amnesty International, il avait été arrêté pour sa participation présumée aux manifestations du Printemps arabe dans l'est du pays, en 2011 et 2012.
En 2016, 47 personnes présentées comme des «terroristes» avaient également été exécutées, dont le dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de proue de ce mouvement de contestation.
Son exécution avait suscité l'indignation dans le monde chiite et provoqué une crise diplomatique avec Téhéran.
Rétablies en 2023 sous l'égide de la Chine, les relations bilatérales ont été mises à rude épreuve par la guerre au Moyen-Orient et les frappes iraniennes de représailles contre les monarchies du Golfe.
Riyad a aussi accusé vendredi Téhéran d'«encourager» l'intensification des opérations militaires des Houthis yéménites pro-iraniens, qui multiplient les frappes contre le royaume, allié du gouvernement yéménite internationalement reconnu, après la reprise du conflit au Yémen en juillet.
Parmi les 188 personnes exécutées cette année en Arabie saoudite, figurent 88 Saoudiens et 115 condamnés pour trafic de stupéfiants, dont 79 étrangers, a recensé l'AFP.
Selon Amnesty International, l'Arabie saoudite était le troisième pays ayant procédé au plus grand nombre d'exécutions entre 2022 et 2025, derrière la Chine et l'Iran.
Riyad juge la peine de mort nécessaire au maintien de l'ordre et assure qu'elle n'est appliquée qu'après épuisement des recours.
AFP