Le spectacle sublunaire de ces derniers jours n’est pas un hasard pour tout observateur de la vie politique française, c’est la culmination d’un désastre en gestation depuis des décennies. Ceci étant dit, la rhétorique qui accompagne les revendications des lycéens n’a rien d’éducatif et ne se rapporte en rien aux débats pédagogiques en cours. Nous sommes bien loin des enjeux pédagogiques. Ce constat est particulièrement frappant au moment où les événements prennent une tournure où la violence nihiliste prédomine. 

En outre, la France est confrontée aux dérives des politiques migratoires qui ont détruit le contrat social, renvoyant le pays aux réalités d’une guerre civile institutionnalisée. Nous sommes bien loin des débats éducatifs. Les établissements scolaires ont été transformés en arène où les impasses d’un ordre républicain en crise se traduisent en assassinats d’enseignants. Cela s'exprime également par la propagation des incivilités en tous genres dans les lycées. Cela soulève la question de leurs retentissements sur une paix civile déjà mise à rude épreuve par les vagues migratoires. L'absence d’un débat serein concernant des enjeux tels que l'ordre républicain, l’identité française, les restructurations socioéconomiques de l’ère numérique, ainsi que l'intégration et l’encadrement des institutions soulève également des questions sur l'urgence d'une telle controverse. 

Les questions suscitées par l’immigration sauvage ont non seulement affaibli le cadre institutionnel comme lieu d’échanges, mais elles ont remis en cause le contrat social et les fondements mêmes de la nation française. En quoi consiste cette “volonté du vivre en commun et ce plébiscite au quotidien” qu’est la nation définie par Ernest Renan ? Nous sommes renvoyés à des mutismes où la parole est interdite et où la prise de parole est confisquée par des diktats idéologiques qui rendent toute conversation publique impossible. La France insoumise illustre les apories d’un ordre républicain piégé par des impensés, par une volonté de sabotage de tout échange, où le dialogue sensé est remplacé par la terreur idéologique, transformant ainsi tout débat public en guerre civile larvée. 

L’éclatement des consensus fait appel au vide et à la violence sans recours en l’absence des encadrements institutionnels. La gauche fasciste est synonyme de vide alors que la société a besoin des instances de médiation à une époque où la rationalité discursive s’impose de manière impérative. Autrement, la crise se manifeste au croisement d’une Europe ballotée entre des choix sécuritaires et stratégiques fortement clivants, ainsi qu’au sein d’une société française qui pâtit, comme toutes les nations européennes, de la cassure des consensus épistémologiques. 

C’est dans cet univers nihiliste que les crises se font et se défont. La violence frénétique et ses débordements n’ont rien d’inhabituel, ils font désormais partie d’un paysage politique éclaté où plus rien ne tient. Au train où vont les choses, la France et les démocraties européennes s’acheminent vers la guerre civile. C’est ce genre de crise qui devrait relancer le débat qui sortirait les démocraties de leur torpeur, de leur léthargie et de leur incapacité à mettre en œuvre des politiques cohérentes et contraignantes. La gauche bolchevique et ses avatars ont tout intérêt à entretenir un climat de guerre civile, à instrumentaliser l’immigration sauvage et à maintenir les sociétés civiles dans un état d’affrontements incandescents.

L’ère Macron est bien révolue, marquée par un bilan de désastre généralisé. Il est impératif que les Français se saisissent de cette crise pour dégager une majorité républicaine écrasante, capable de redonner à la France un nouvel élan et une latitude opérationnelle, afin d'engager des réformes établies sur un socle historique et anthropologique aux arêtes bien définies. Il est inconcevable de se positionner dans les interstices d’un désordre où tout se vaut. Il faudrait remettre les frontières en place, redéfinir les consensus et mettre fin aux vides abyssaux d’un monde qui se défait.

La réaction des autorités françaises est ici déplacée voire dysfonctionnelle par rapport à l'ampleur des menaces sécuritaires et stratégiques. Le fait de s'en remettre aux forces de la police française et de prolonger ses mandats sécuritaires, relève désormais de l'incohérence. Il est urgent de s'en remettre à l'armée, de déclarer un état de siège et de réprimer sans états d'âme, de démissionner le chef de l'État, de dissoudre l'Assemblée nationale, et de procéder à des élections législatives et présidentielles. La gravité de la crise en cours est alarmante et nécessite des retournements spectaculaires. 

Nous sommes dans une crise de régime, de clivages idéologiques majeurs qui remettent en cause aussi bien la nation que l'État français. Les axes du grand remplacement doivent être réorientés vers une redéfinition des enjeux politiques et institutionnels, afin de mettre fin aux apories civilisationnelles et culturelles d'un ordre politique où la république procédurale fait l'impasse sur le système des valeurs qui la fonde. 

Le vandalisme et la destruction des mairies ne sont pas des faits divers qui découlent des turpitudes des troubles civils. Il s'agit d'une destruction intentionnelle de l’historicité des institutions et de leur portée emblématique. La réponse devrait être proportionnelle aux défis et changer les enjeux et la trame de la vie politique. La France et les démocraties occidentales sont sommées d'opérer des changements qui portent sur les finalités de l'ordre politique et de ses traductions institutionnelles. Les hordes sauvages recrutées par les bolcheviques et leurs consorts islamistes ne sont pas des effets du hasard ; elles résultent d'une "Europe sans identité" (Europa ohne Identität), comme l'a si bien dit le sociologue syro-allemand Bassam Tibi, et de ses répercussions sur des architectures institutionnelles autoréférentielles et dépourvues de fondements historiques et axiologiques.