Le Parlement égyptien a décidé lundi de reporter à la semaine prochaine le vote sur l'autorisation d'un soutien militaire à l'Arabie saoudite, en guerre contre les Houthis du Yémen, ont rapporté les médias d'État.

Le président Abdel Fattah al-Sissi avait demandé samedi aux législateurs d'approuver un soutien militaire au royaume, cible depuis début octobre d'attaques des Houthis yéménites soutenus par l'Iran, «s'il en faisait la demande», et deux séances ont été consacrées dimanche et lundi à cette question.

«Le président de la Chambre (...) vient d'ajourner la deuxième session parlementaire consacrée à l'examen des mesures nécessaires pour assister le royaume», a rapporté le quotidien Al-Akhbar, ajoutant que les discussions reprendraient le 26 octobre.

Le président Sissi avait également estimé qu'il était «inconcevable» que Le Caire reste les bras croisés si la sécurité et la stabilité du royaume étaient menacées.

Même si la majorité des élus soutiennent la mesure selon deux parlementaires à l'AFP, le Parti social-démocrate égyptien, une formation d'opposition qui détient près d'une douzaine de sièges au Parlement, a indiqué avoir donné pour consigne à ses députés de s'abstenir.

Tout en affirmant une solidarité «sans faille» avec l'Arabie saoudite, il a souligné que tout déploiement de forces égyptiennes à l'étranger devait reposer sur des «objectifs précis», des «informations claires» sur la portée et la durée de la mission, ainsi que sur une «évaluation rigoureuse des risques potentiels pour la vie de nos soldats».

Il a ajouté que tout engagement militaire extérieur devait faire l'objet d'une «évaluation claire» de ses coûts, de ses risques et de ses implications financières, en rappelant les pressions économiques auxquelles l'Égypte est confrontée.

La guerre qui oppose, depuis plus d'une décennie, les Houthis à une coalition entre l'Arabie saoudite et le gouvernement yéménite a connu un regain de tension en juillet.

En septembre, les Houthis se sont emparés d'une grande partie du littoral sur la mer Rouge autour du détroit de Bab el-Mandeb et multiplient depuis les attaques contre l'Arabie saoudite, visant notamment le géant pétrolier Aramco ainsi que l'aéroport international de Riyad, où 13 personnes ont été tuées le 10 octobre.

«Je ne parle pas d'affronter ou d'attaquer qui que ce soit. Nous parlons uniquement de défense», avait encore précisé M. Sissi.

La constitution égyptienne exige l'approbation à la fois du Parlement et du Conseil national de la défense, qui a déjà donné dimanche son feu vert, pour déployer des troupes à l'étranger.

«Une dérive de l'Égypte (...) représenterait un grave danger pour sa propre sécurité nationale et sa stabilité intérieure», a pour sa part prévenu depuis le Yémen le président du Parlement houthi Yehia Ali al-Rai, cité par l'agence de presse affiliée au mouvement, Saba.

En 2015, au pic des hostilités entre les Houthis et le gouvernement yéménite, l'Égypte avait rejoint la coalition en envoyant des forces navales et aériennes.

Outre l'Arabie saoudite, l'Égypte est le pays le plus touché par les perturbations en mer Rouge, porte d'accès au canal de Suez, dont les recettes sont en baisse depuis les premières attaques houthies dans la région en 2023.

AFP