Plus de 250.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du Yémen depuis août, soit peu après la reprise des hostilités entre le gouvernement, soutenu par l'Arabie saoudite, et les Houthis pro-iraniens, a annoncé mardi le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).
Le HCR est «profondément préoccupé par l'aggravation de la situation en matière de déplacements au Yémen ; le nombre de personnes déplacées a désormais franchi la barre des 250.000», a déclaré devant la presse à Genève le porte-parole de l'organisation Matthew Saltmarsh, précisant que ces personnes avaient été «déplacées à l'intérieur du Yémen entre le 1er août et le 17 octobre».
Le pays a replongé dans la guerre en juillet après plusieurs années d'accalmie, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Les Houthis, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, ont progressé sur la côte ouest en quelques jours. Depuis, l'Arabie saoudite bombarde quotidiennement les zones contrôlées par les combattants au Yémen, accentuant la pression sur les populations.
Les combats ont fait des centaines de morts et provoqué une crise humanitaire.
M. Saltmarsh a souligné que la province de Taïz, dans l'ouest du pays, constituait «une préoccupation majeure», étant «le principal foyer de déplacement, à l’origine de 76 % des départs et accueillant 52 % des personnes nouvellement déplacées».
Le HCR dit fournir une aide financière d’urgence et renforce son soutien en matière d’hébergement d’urgence, tout en collaborant avec ses partenaires pour distribuer des abris et des articles de première nécessité aux familles nouvellement déplacées.
Mais, souligne-t-il, «les difficultés d’accès continuent d’entraver les opérations humanitaires ainsi que les déplacements», notamment vers et depuis le camp de Kharaz, dans la province de Lahj (sud), qui abrite près de 10.000 personnes.
En outre, a souligné M. Saltmarsh, plus de 65.000 réfugiés et demandeurs d’asile, principalement originaires de Somalie et d’Éthiopie, sont toujours accueillis au Yémen et «figurent parmi les personnes les plus durement touchées par la reprise du conflit».
En ce qui concerne les réfugiés à l'extérieur du Yémen, le HCR en avait comptabilisé 4.078 au 17 octobre dans la région, dont 3.836 à Djibouti et 242 en Somalie, mais aucune nouvelle arrivée en provenance du Yémen n’a été signalée à Djibouti entre le 8 et le 14 octobre.
AFP