Depuis plusieurs semaines, les lycéens manifestent pour réclamer de meilleures conditions d’apprentissage, notamment par des blocages et des rassemblements. Le mouvement a cependant été marqué par de nombreux affrontements, des milliers d’interpellations, des dégradations et des violences contre les forces de l’ordre. Le 17 octobre, cette mobilisation – mêlée à un mouvement social dénonçant le coût de la vie – ont dégénéré en émeutes nationales, entraînant pillages, incendies, attaques contre les forces de l’ordre et mesures de couvre-feu. Ces événements ont éclipsé les revendications initiales et s’ajoutent aux nombreuses crises ayant marqué le premier quinquennat d’Emmanuel Macron (2017-2022).

Tout avait si bien commencé pour Emmanuel Macron. À même pas 40 ans, celui qui voulait faire de la France une nation start-up et rompre avec le clivage gauche-droite qui dominait l’espace politique français pendant des décennies a réussi un pari: quitter le gouvernement, créer son propre parti, se présenter comme candidat à la présidence de la République, se faire élire et obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Seulement, tout ne s’est pas passé comme prévu.

La première crise du quinquennat Macron intervient en juillet 2018, après les révélations du journal « Le Monde » sur un collaborateur de l’Élysée et en train de frapper des manifestants du 1ᵉʳ mai de la même année. Ce collaborateur s’appelle Alexandre Benalla. Il est alors âgé de 27 ans et occupe un poste de chargé de mission au cabinet du président de la République. Ces révélations écorné l’image du pouvoir en place. Elle donne par ailleurs lieu à une commission d'enquête du Sénat et nourrit durablement le procès en "verticalité" du pouvoir. À l’issue d’un procès, Alexandre Benalla finit par être condamné définitivement à un an de prison ferme sous bracelet électronique.

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Quatre mois plus tard, le 17 novembre 2018, début d’une nouvelle crise d’ampleur: celle dite des «Gilets jaunes» — trouvant son nom dans les gilets jaunes réfléchissants que ses partisans arborent. Ce mouvement trouve son origine dans le rejet de la hausse de la taxe sur les carburants, bien que la contestation dépasse rapidement la taxe sur les carburants – pouvoir d’achat, sentiment d’abandon territorial, défiance politique… En quelques semaines, il s’étend à tout le pays et prend la forme de blocages de ronds-points et de manifestations. Certains commentateurs n’hésitent d’ailleurs pas à parler de début de «révolution». Le mouvement force l'exécutif à renoncer à la taxe, à débloquer des mesures de pouvoir d'achat et à lancer un «grand débat national». Cette mobilisation comporte son lot d’images marquantes: les émeutes sur les Champs-Élysées ou encore de l’Arc de Triomphe tagué. Le maintien de l’ordre, lui, continue de diviser, à cause des blessés, des manifestations.

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Dès 2019, le gouvernement du Premier ministre Édouard Philippe tente de réformer les retraites avec un système universel à points. Les grèves dans les transports qu’elle entraîne durent des semaines. Le projet est néanmoins suspendu au début de l’année 2020 en raison de l’arrivée de l’épidémie de Covid-19.

Covid-19, terrorisme, guerre en Ukraine

À partir de là, la France vit alors au rythme des confinements, des fermetures des écoles, des couvre-feux, des attestations de circulation, de la campagne vaccinale, du passe sanitaire, du chômage partiel… Les polémiques sur les masques et sur la vaccination, comme les restrictions de liberté, fragilisent la confiance dans les décisions de l’exécutif. En France, le Covid-19 est toujours présent bien que moins ravageur. Le bilan humain du virus faisait état de plus de 168 000 morts en juillet 2023.

Toujours en 2020, plus précisément au mois d’octobre, la France vit avec effroi l’assassinat du professeur Samuel Paty en région parisienne par un terroriste islamiste, puis celui de trois fidèles dans la basilique Notre-Dame de Nice par un autre terroriste treize jours plus tard. Ces drames relancent le débat sur le séparatisme, qui débouche sur une loi confortant le respect des principes de la République.

L’année 2022 est une année électorale pour le président Macron qui se représente pour un second mandat. La campagne est toutefois perturbée par l'invasion russe de l’Ukraine le 24 février. Emmanuel Macron s’était rendu à Moscou avant le début du conflit, le 7 février, pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine et « tenter une désescalade » dans la crise entre la Russie et l’Ukraine. L’image, d’ailleurs, des deux présidents à chaque extrémité d’une longue table, fait le tour du monde.

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Emmanuel Macron finit par être reconduit à la tête de la France face à Marine Le Pen avec un peu plus de 58% des voix – moins que lors de la présidentielle de 2017. Son second quinquennat réserve, aussi, son lot de crises.