L'Otan a annoncé mardi le déploiement de moyens supplémentaires en mer Noire, après une série d'attaques de drones contre des navires marchands imputées à la Russie.
Depuis début octobre, les attaques de drones se multiplient au large de la Bulgarie et de la Roumanie, nouveaux développements de la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Les ambassadeurs de l'Otan se sont réunis sur le sujet mardi à Bruxelles.
L'Alliance atlantique «enverra des moyens supplémentaires dans la région, notamment pour soutenir les activités de surveillance, de reconnaissance et d'enquête», a souligné la porte-parole de l'Otan, Allison Hart, à l'issue de cette réunion.
«Nous continuerons à faire front commun et à veiller à ce que nous soyons prêts et capables de faire face à toute menace», a-t-elle assuré sur le réseau social X.
Martin O'Donnell, le porte-parole du commandant suprême des forces de l'Otan en Europe, a précisé dans la soirée que les alliés «ont envoyé ou vont envoyer en mer Noire des avions de patrouille maritime supplémentaires, des systèmes radar, des équipes de neutralisation des explosifs, du personnel du renseignement, des drones et bien d'autres moyens encore».
«La chose la plus importante à faire cependant, c'est d'améliorer notre connaissance de la situation dans la région grâce à un renforcement des moyens de détection et à un meilleur partage des données», a estimé ce colonel.
Un avion américain de patrouille maritime et de reconnaissance, le P-8 Poseidon, avait commencé à opérer au-dessus de la mer Noire à la demande de la Bulgarie, avait annoncé plus tôt le Premier ministre bulgare Roumen Radev.
Les 6 et 13 octobre, quatre navires marchands ont été frappés par des drones dans la zone économique exclusive bulgare en mer Noire. Deux ont coulé et 21 marins sont portés disparus.
De son côté, la Roumanie a annoncé samedi avoir abattu deux drones russes au-dessus de la mer Noire.
La mer Noire constitue une artère maritime essentielle pour l'exportation mondiale de céréales, de ressources énergétiques et de matières premières pour l'industrie, ce qui rend sa stabilité vitale pour la sécurité alimentaire et énergétique internationale.
Avec l'intensification de ses attaques dans la région, la Russie pourrait provoquer une crise alimentaire mondiale, a dénoncé mardi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, en appelant Moscou à cesser d'entraver l'exportation des céréales ukrainiennes.
«Six attaques en dix jours, par des drones soupçonnés d'appartenir à la Russie, constituent une escalade dangereuse et inacceptable en mer Noire», a dénoncé Mme Kallas, lors d'un débat avec les eurodéputés à Strasbourg (est de la France).
La Roumanie et la Bulgarie sont membres de l'Union européenne et de l'Otan.
AFP