L’émissaire du président américain Steve Witkoff est attendu mercredi à Saint-Pétersbourg pour des pourparlers avec Vladimir Poutine en vue de mettre fin à la guerre en Ukraine, au lendemain d’entretiens avec Volodymyr Zelensky marqués par des progrès mutuels, selon les deux parties.

À l’issue de ces discussions à Oslo avec M. Witkoff et l’émissaire Jared Kushner (ce dernier par visioconférence pour cause de maladie), ainsi qu’avec les dirigeants norvégien et finlandais, le président ukrainien a salué le rétablissement du partage du renseignement américain et réclamé une place à toute négociation concernant l’avenir de son pays.

Un responsable américain a de son côté évoqué auprès de l’AFP des discussions «très productives et constructives», constatant «désormais un fort alignement entre les États-Unis, l’Ukraine et l’Europe sur les prochaines étapes».

Il a ajouté que M. Witkoff rencontrerait mercredi M. Poutine pour poursuivre le processus diplomatique.

Ces entretiens interviennent à l’issue d’une semaine de fortes crispations entre l’Ukraine et les États-Unis.

Les relations bilatérales se sont détériorées depuis que le président Donald Trump a conclu avec Vladimir Poutine un accord sur l’achat de diesel russe, et fustigé Volodymyr Zelensky en raison des attaques ukrainiennes contre des raffineries en Russie, qui alimentent selon lui la flambée mondiale des prix du carburant.

Mardi encore, le président américain a remis la pression sur son homologue ukrainien: «Il faut que M. Zelensky ait la volonté de mettre fin à cette guerre et si ce n’est pas le cas, cela se passera très mal», a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.

Alors que les combats se poursuivent sur le front, sans avancée majeure de part et d’autre, les pourparlers dirigés par les États-Unis depuis le début du conflit en 2022 n’ont pas permis de débloquer la situation jusqu’ici.

Par ailleurs, Donald Trump a indiqué avoir demandé au président Vladimir Poutine de relâcher Stephen Hubbard, un Américain détenu en Russie, en laissant entendre qu’un dénouement pourrait intervenir. Ce professeur d’anglais à la retraite a été condamné en Russie lors d’un procès à huis clos en octobre 2024 à près de sept ans de prison pour «mercenariat» au profit de l’Ukraine, une accusation qu’il rejette.

«Un équilibre»

Le président ukrainien accuse de son côté les États-Unis de retarder à dessein la livraison prévue de missiles intercepteurs Patriot, essentiels pour se prémunir contre les tirs de missiles et drones russes, et qui font cruellement défaut à son armée.

Après s’être inquiété de certaines limitations dans ce domaine, il s’est félicité mardi que le partage de renseignements américains «fonctionne maintenant», permettant à son pays d’être prévenu à l’avance des tirs de missiles balistiques russes.

Revenant sur une conversation qu’il a eue mardi avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, M. Zelensky s’est également dit confiant lors d’une conférence de presse que les discussions sur le réseau Starlink et la fourniture de Patriot connaîtraient une issue positive.

Les autorités américaines rejettent les accusations selon lesquelles elles auraient délibérément nui à l’Ukraine, notamment en ordonnant l’arrêt du partage de renseignement ou en limitant le fonctionnement de Starlink largement utilisé par l’armée ukrainienne.

«Rien n’est délibérément refusé» à l’Ukraine, a affirmé M. Rubio mardi depuis l’Inde. «C’est un équilibre entre nos engagements envers d’autres partenaires et, franchement, nos propres besoins», a-t-il dit.

Les frappes menées par la Russie et l’Ukraine contre leurs infrastructures énergétiques respectives alimentent à Kiev les craintes d’un nouvel hiver rude.

Lundi, Donald Trump s’est dit prêt à rencontrer prochainement Vladimir Poutine et le président chinois, Xi Jinping, pour évoquer une issue à la guerre en Ukraine.

Une rencontre à trois en novembre en Chine a été évoquée ces derniers jours.

AFP