Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les États-Unis, et la Turquie ont ouvert jeudi des négociations sur un accord de libre-échange à l'occasion de la visite du Premier ministre canadien Mark Carney.
«Nous avons décidé d'engager des négociations en vue d'un accord de libre-échange ...avant la fin de l'année», a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une intervention commune devant les médias.
«Nous espérons porter notre volume d'échanges, actuellement d'environ 3 milliards de dollars, à 5 milliards, puis à 10 milliards», a-t-il ajouté, précisant vouloir «à peu près doubler le nombre de vols directs» entre les deux pays.
«Le mois prochain, nos négociateurs se réuniront ici à Ankara pour le premier cycle de négociations sur le libre-échange», a confirmé Mark Carney.
«Notre objectif n'est pas l'autosuffisance, mais la résilience collective. C'est pourquoi le Canada noue des partenariats plus étroits avec des partenaires fiables, qui créent de nouvelles opportunités pour nous deux», a-t-il ajouté.
«Et en Turquie, nous avons un partenaire exceptionnel», a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement canadien doit s'entretenir vendredi avec des entrepreneurs turcs à Istanbul, dans des secteurs stratégiques comme l'énergie, l'aérospatiale ou les minéraux critiques.
Le Canada et la Turquie ont aussi identifié un potentiel de coopération en matière d'énergie nucléaire.
Les deux hommes s'étaient déjà croisés au sommet de l'Otan à Ankara en juillet, mais c'était la première visite officielle d'un chef de gouvernement canadien en Turquie.
Ils ont annoncé par ailleurs un accord de partenariat sur l'industrie de défense.
«Dans un monde plus dangereux et plus divisé, les alliés doivent pouvoir compter les uns sur les autres pour disposer des équipements et des capacités qui nous protègent. Et là aussi, nos atouts sont complémentaires», a estimé Mark Carney.
L'ex-banquier central canadien a fait de la réduction de la dépendance aux États-Unis et de la diversification des partenariats de son pays l'une des pierres angulaires de son mandat, débuté en mars 2025.
Il a multiplié les déplacements à l'étranger, renouant avec certains États, Arabie saoudite, Inde, Chine, avec lesquels les relations avaient été tendues, voire rompues, sous le mandat de l'ex-Premier ministre Justin Trudeau.
Il s'est également rapproché de l'Europe. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait proposé en septembre de faire du Canada le premier «membre associé» de l'Union européenne.
AFP