Les attaques des Houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite ont jusque-là un impact «limité» sur l'économie du royaume, grâce notamment à une forte demande interne, a estimé jeudi le directeur régional du FMI, Jihad Azour, dans un entretien à l'AFP.

Les combattants pro-iraniens ont intensifié ces dernières semaines leurs frappes visant les infrastructures énergétiques et les aéroports du pays, notamment celui de Riyad où le trafic est suspendu depuis plus de dix jours, pesant sur la plus grande économie de la région.

Le premier exportateur de brut au monde continue toutefois d'écouler sa production à travers la mer Rouge mais aussi le détroit d'Ormuz, d'où sortent de plus en plus de pétroliers, a assuré M. Azour.

L'Arabie saoudite a aussi «une demande interne et a un secteur public assez fort. Donc l'impact est limité», a-t-il souligné.

Plus largement, l'économie saoudienne a déjà subi les répercussions du conflit au Moyen-Orient, déclenché par les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février, avec une contraction de 3,3% de son PIB prévue cette année.

Les attaques iraniennes sur les alliés des États-Unis dans la région au début de la guerre, et la perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz, dont Téhéran revendique le contrôle, ont affecté l'activité pétrolière et gazière de toutes les pétromonarchies du Golfe, à l'exception d'Oman, qui a augmenté sa production, a souligné le Fonds monétaire international dans son rapport régional publié jeudi.

D'autres secteurs, comme les transports et le tourisme, ont également été touchés. La région devrait connaître une récession de 4,8% en 2026, contre une croissance de 4,5% l'année précédente.

Le FMI prévoit un fort rebond l'an prochain, à 9,1%, mais ces projections sont entourées de profondes incertitudes, alors que les négociations entre les États-Unis et l'Iran sont dans l'impasse.

Jeudi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé d'étendre le conflit si les États-Unis continuaient à aider les navires qui s'aventurent dans le détroit d'Ormuz sans leur autorisation.

Le conflit va laisser des «traces pendant quelques années» dans le Golfe, a averti le directeur régional du FMI.

Mais «les fondamentaux de l'économie saoudienne sont forts» et «il y a fort à parier que les projets, les investissements vont continuer sur le moyen terme», selon lui.

AFP