Alors que les désaccords persistent autour des arrangements sécuritaires au Liban-Sud, le cycle de négociations militaires libano-israéliennes au siège du Commandement central américain (CENTCOM), à Tampa, s’est achevé sans avancée notable ni annonce de résultats communs. Les divergences portent notamment sur le mécanisme de surveillance de la mise en œuvre des arrangements sécuritaires et sur la coordination entre les armées libanaise et israélienne.
Les perspectives de reprise des négociations font l’objet d’appréciations divergentes. Plusieurs scénarios restent envisageables, de la poursuite des discussions en vue de parvenir à des ententes partielles au maintien de l’impasse, sur fond d’escalade israélienne sur le terrain.
Négociations de Tampa: aucun progrès notable
Le cycle de négociations militaires libano-israéliennes au siège du CENTCOM, à Tampa, s’est achevé sans publication de communiqué commun sur ses résultats.
Une source américaine a indiqué à la chaîne Al-Hadath que les réunions tenues entre les délégations libanaise et israélienne dans cette ville de Floride s’étaient terminées sans avancée notable.
Selon cette source, les discussions ont pris fin sans qu’une nouvelle date soit fixée pour un prochain cycle. Le principal point de désaccord serait apparu après le rejet par le Liban d’une proposition israélienne visant à participer au mécanisme de surveillance du désarmement du Hezbollah.
Au cours des discussions, Israël a exprimé de sérieux doutes quant à la capacité du gouvernement libanais à imposer l’autorité de l’État et a accusé l’armée libanaise d’avoir «échoué» dans le processus de désarmement du Hezbollah.
La source a également confirmé que les deux parties n’étaient parvenues à aucun accord sur la composition du mécanisme de surveillance ni sur les pays chargés de contrôler la mise en œuvre des arrangements sécuritaires dans le sud du Liban.
Le mécanisme de vérification, principal point de blocage
Des sources diplomatiques citées par le quotidien Al-Joumhouria estiment que l’absence de communiqué commun, probablement à la demande des États-Unis, ne signifie pas nécessairement l’échec des négociations. Elle témoignerait toutefois de la difficulté à parvenir à une formule consensuelle sur les dossiers abordés ou, à tout le moins, de l’absence d’un accord suffisamment établi pour permettre aux deux parties de présenter conjointement les résultats du cycle.
Le mécanisme de vérification apparaît comme le principal point de blocage. Israël plaide en faveur d’une coordination directe avec l’armée libanaise, voire de la création d’une salle d’opérations commune. Le Liban, de son côté, maintient sa préférence pour un mécanisme de surveillance indépendant, confié à une tierce partie avec une participation américaine ou internationale.
Cette divergence dépasse les aspects techniques et renvoie à la nature des relations sécuritaires que les parties cherchent à instaurer le long de la frontière libano-israélienne.
Le Liban refuse une coordination militaire directe
Le quotidien Al-Liwaa rapporte, citant une source américaine, que les réunions de Tampa, organisées sous parrainage américain entre le Liban et Israël, se sont achevées sans qu’une nouvelle date soit fixée. Aucun accord n’a non plus été conclu sur les pays chargés de surveiller les zones pilotes. La source américaine a également confirmé que le Liban avait refusé la création d’un comité de coordination militaire avec la partie israélienne.
Selon des observateurs, les négociations ont abouti à des résultats négatifs. Certaines informations font notamment état d’une insistance américaine en faveur d’une coordination directe entre les deux armées. Selon la position américaine rapportée, «le mandat de la Finul prendra fin à la fin de l’année, les deux armées seront les seules à rester dans le sud et Washington ne continuera pas à parrainer les négociations, qu’elle laissera devenir bilatérales».
Selon ces mêmes appréciations, une telle formule ne pourrait être mise en œuvre et serait inacceptable pour le Liban, compte tenu des conditions et des exigences israéliennes ainsi que de la poursuite des actions militaires israéliennes. Cette situation pourrait ainsi conduire à un effondrement des négociations dès leur fondement.
Trois scénarios pour la prochaine étape
Au vu de ces éléments, les sources diplomatiques citées par Al-Joumhouria identifient trois scénarios possibles pour la suite:
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La poursuite des négociations techniques: les divergences fondamentales resteraient en suspens jusqu’après les élections israéliennes et américaines.
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Une entente partielle sous parrainage américain: un accord pourrait porter sur le mécanisme de vérification ou sur l’élargissement du déploiement de l’armée libanaise, en contrepartie de mesures israéliennes précises. Cette option nécessiterait une pression américaine plus efficace.
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Le maintien de l’impasse et l’escalade sur le terrain: si Israël poursuit ses opérations sans subir de pressions américaines, les négociations pourraient se poursuivre de manière formelle tandis que la situation sécuritaire et humanitaire dans le sud continuerait de se dégrader.
À ce stade, aucun de ces scénarios n’est arrêté. L’évolution de la situation sur le terrain et les positions américaines pèseront sur l’orientation de la prochaine phase.