Les cours du pétrole et du gaz sont en hausse vendredi, les marchés des hydrocarbures se montrant nerveux face aux attaques répétées des Houthis du Yémen en Arabie saoudite et avec la crainte d'une nouvelle escalade entre les États-Unis et l'Iran.
Vers 10H55 GMT (12H55 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, prenait 1,03% à 114,34 dollars, évoluant à des sommets depuis début mai.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 1,67% à 101,13 dollars.
«Des informations indiquent que le président Trump envisage de nouvelles frappes contre l'Iran, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région avec le déploiement d'un second porte-avions», soulignent les analystes d'ING.
Selon eux, ces évolutions remettent en cause la possibilité d'une «désescalade et une normalisation des flux et des prix du pétrole», après les élections législatives de mi-mandat prévues le 3 novembre aux États-Unis.
«L'Iran fait tout son possible pour faire grimper le prix du pétrole avant les élections de mi-mandat aux États-Unis», a de son côté affirmé jeudi le président américain sur son réseau Truth Social.
La question est brûlante pour le camp républicain avant le 3 novembre, alors que Donald Trump avait promis de faire baisser les prix de l'énergie.
Autre facteur haussier, ces dernières semaines, les attaques des Houthis contre des infrastructures civiles saoudiennes, notamment sites pétroliers et aéroports, ont atteint une ampleur inédite depuis le début du conflit au Yémen, en 2014.
Avec les tensions dans le détroit d'Ormuz, la capacité de l'Arabie saoudite à exporter du brut par la mer Rouge, de l'autre côté de la péninsule arabique, est devenue essentielle sur le marché du pétrole.
Pourtant «une grande incertitude règne» concernant «le volume de pétrole physique actuellement disponible sur le marché», affirme Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.
Selon la plateforme Kpler, les volumes de barils exportés par les pays du Golfe sont revenus au-delà de leurs niveaux d'avant-guerre lors de la semaine achevée le 18 octobre.
Mais la hausse des coûts du fret maritime liés aux risques et la production restreinte des raffineries dans le monde continue de faire pression sur les prix, et notamment ceux des carburants.
Par ailleurs, la référence du gaz européen, le contrat à terme du TTF néerlandais, s'affiche à ses plus hauts niveaux depuis 2022, et montait vers 10H55 GMT de 3,95% à 92,53 euros le mégawattheure.
«En plus de livraisons de gaz naturel liquéfié qui restent faibles en provenance du Golfe et de la récente attaque contre un méthanier au large des côtes du Yémen, les faibles niveaux de stockage de gaz (en Europe, ndlr) accentuent la pression à la hausse sur les prix», précise Mme Lambrecht.
AFP