Le chef de la diplomatie turque a exhorté vendredi les administrations rivales libyennes à réunifier le pays et à mettre fin à des années de guerre civile, quelques jours après l'approbation d'un accord avec les autorités de l'Est.
«Les conditions sont désormais réunies pour assurer de façon permanente la réunification de l'est et de l'ouest» de la Libye, a déclaré Hakan Fidan lors d'une conférence de presse, après avoir accueilli à Istanbul huit de ses homologues européens et de pays de la région.
La Libye est minée par les divisions depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 et deux exécutifs s'y disputent le pouvoir: celui dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, et un autre dans l'Est, contrôlé par le puissant maréchal Khalifa Haftar et son clan.
La Turquie a longtemps soutenu, y compris militairement, le gouvernement de Tripoli pendant les années de conflit. Mais ses relations avec les autorités de l'Est du pays se sont nettement réchauffées ces dernières années, avec une intensification des contacts politiques et économiques.
«Les deux parties disposent de structures militaires. Ces structures doivent être réunies au sein d'une armée nationale», a estimé Hakan Fidan, relevant que la grande question était de déterminer «la manière dont les unités militaires (...) seront réunies sous une seule et même bannière».
«Vous entendrez très bientôt de très bonnes nouvelles à ce sujet venant de Turquie», a-t-il promis, sans autre détail.
Le Parlement basé dans l'est de la Libye a approuvé mardi un accord de délimitation maritime avec Ankara, des années après l'avoir rejeté au moment de sa signature initiale.
Cet accord a suscité notamment les critiques de l'Union européenne et la colère de l'Égypte, qui ont déclaré qu'il empiétait sur leurs droits en Méditerranée orientale.
Le ministre turc des Affaires étrangères a reconnu à cet égard que Le Caire avait «certaines réserves» sur l'accord.
«Nous adoptons une position très constructive sur cette question. Bien sûr, des discussions peuvent être menées sur ces sujets et des approches positives et constructives peuvent être proposées», a-t-il fait valoir.
«Nous n'avons absolument aucun problème avec cela. Je l'ai également fait savoir à mon homologue égyptien», a ajouté Hakan Fidan, en référence à Badr Abdelatty, présent aux discussions d'Istanbul.
AFP