La coalition menée par Riyad, qui combat les Houthis au Yémen, a annoncé samedi avoir intercepté deux missiles balistiques visant les villes de Taïf et Yanbu, dans l'ouest du royaume, tirés par ce mouvement pro-iranien, qui multiplie les attaques contre le territoire saoudien.
Plus tôt dans la matinée, la coalition avait indiqué avoir intercepté un missile balistique houthi lancé vers Riyad, où un journaliste de l'AFP a entendu deux explosions.
«Interception et destruction de deux missiles balistiques lancés par la milice terroriste houthie en direction des villes de Taïf et Yanbu», un terminal pétrolier majeur sur la mer Rouge, a écrit sur X le porte-parole de la coalition, Turki al-Malki.
La Défense civile saoudienne avait auparavant émis, avant de les lever rapidement, quatre alertes de «danger potentiel» pour ces deux régions, ainsi que pour celles de La Mecque, ville sainte de l'islam, et de Jeddah.
«Les défenses aériennes ont intercepté et détruit un missile balistique lancé par la milice terroriste houthie en direction de Riyad», avait écrit plus tôt M. Malki, sur X.
Un drone a également été intercepté et abattu dans la province orientale, avait-il indiqué peu de temps auparavant.
Depuis le début du mois, les Houthis soutenus par l'Iran ont multiplié les frappes contre l'Arabie saoudite, dont l'une a touché l'aéroport international de Riyad, la plus meurtrière dans le royaume depuis des années.
Les Houthis, qui assurent ne pas viser les villes saintes de La Mecque et de Médine, ont à plusieurs reprises démenti des frappes de missiles et drones que leur ont imputées Riyad.
Le royaume saoudien est intervenu dans le conflit yéménite en 2015 à la tête d'une coalition internationale, un an après le déclenchement de la guerre avec la prise de la capitale Sanaa par les Houthis, qui contrôlent de vastes régions.
Après une trêve précaire de quatre ans, les combats ont repris en juillet, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran.
En septembre, les Houthis ont pris le littoral yéménite sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.
Les annonces saoudiennes interviennent alors que Donald Trump a laissé entendre vendredi que les États-Unis pourraient relancer des opérations militaires contre l'Iran, sans fournir d'indication sur le calendrier.
Les attaques de navires ont aussi repris avec force dans le détroit d'Ormuz, autre passage maritime crucial pour le commerce mondial des hydrocarbures, la République islamique, qui en revendique le contrôle, voulant selon les analystes démontrer que sa capacité à perturber le trafic reste intacte.
Le chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, a averti samedi que les navires militaires américains ne seraient autorisés à pénétrer «en aucune circonstance» dans les eaux du Golfe, dans le cadre du conflit.
Le conflit au Yémen a fait des centaines de milliers de morts dans l'un des pays les plus pauvres du monde, déjà frappé par une vaste crise humanitaire.
AFP