La Jordanie a affirmé mardi avoir tué plus de 20 combattants du groupe État islamique (EI) lors de frappes menées lundi en Syrie, en représailles à un attentat meurtrier contre une église en Jordanie. Damas a de son côté fait état de sept morts, dont trois enfants, et dénoncé une «violation inacceptable» de son espace aérien.

Les frappes jordaniennes ont visé des positions de l’EI, également appelé Daech, ainsi qu’un important dépôt d’armes de l’organisation, a déclaré le ministre jordanien des Télécommunications, Mohamed al-Momni, également porte-parole du gouvernement.

«Les premiers résultats font état, à ce stade, de lourdes pertes dans ses rangs, estimées à plus de 20 combattants, ainsi que de la destruction d’un important dépôt d’armes de l’organisation», a-t-il indiqué.

Damas dénonce des frappes sans coordination

Les autorités syriennes ont condamné les raids, affirmant qu’ils avaient été menés «sans aucune coordination» avec Damas. Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères a «rejeté avec la plus grande fermeté les frappes jordaniennes (…) ainsi que la violation et l’incursion inacceptables dans l’espace aérien syrien sans aucune coordination préalable».

Selon les autorités syriennes, cinq personnes, dont trois enfants, ont été tuées lors d’un bombardement visant le hameau isolé d’al-Taf, dans la province méridionale de Deraa, à la frontière jordanienne. Deux autres personnes ont péri dans des frappes sur deux localités distinctes.

Damas a déploré des victimes civiles, dont des enfants. De son côté, Mohamed al-Momni a affirmé que la Jordanie avait «un profond respect» pour la Syrie et son peuple, tout en exprimant ses regrets concernant les pertes civiles.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a toutefois annoncé travailler en coordination directe avec la Jordanie à la formation d’un comité conjoint chargé de mettre fin aux violations et aux incidents sur le terrain.

Le responsable jordanien a précisé que son pays s’était jusque-là abstenu de cibler des sites où les renseignements signalaient la présence de civils. Mais, a-t-il ajouté, Amman a «perdu patience face aux agissements des groupes terroristes et à leurs attaques contre la sécurité nationale».

Les opérations ont été menées sur la base de renseignements recueillis sur le terrain, afin de neutraliser des menaces avérées et des projets d’attentats contre la Jordanie, a-t-il encore expliqué.

Des frappes après un attentat meurtrier en Jordanie

Lundi, les autorités jordaniennes avaient annoncé l’arrestation de trois hommes, tous de nationalité jordanienne, accusés d’avoir tué neuf personnes dans une église grecque-orthodoxe, où des fidèles étaient réunis pour des funérailles.

Amman avait précisé que les assaillants, décrits comme des islamistes radicaux, étaient liés à des groupes terroristes opérant dans le sud de la Syrie.

L’État islamique contrôlait de vastes portions du territoire syrien avant sa défaite territoriale en 2019. Le groupe continue toutefois de revendiquer sporadiquement des attaques contre les forces gouvernementales, notamment dans le vaste désert syrien ainsi que dans le nord et le nord-est du pays. Il avait également été présent dans la province de Deraa.

Avec AFP