La justice irakienne a condamné jeudi trois nouveaux jihadistes français à la réclusion à perpétuité pour leur appartenance au groupe État islamique (EI), dans le cadre du procès de 47 islamistes radicaux français transférés de Syrie l’an dernier.

Mardi, six Français avaient déjà été condamnés à la perpétuité et un septième à 15 ans de prison, dans les premiers verdicts de ce procès qui s’est ouvert en septembre à Bagdad.

Les 47 prisonniers avaient été transférés en 2025 de la Syrie voisine, où l’EI avait pris le contrôle de vastes territoires à partir de 2014, avant d’être défait cinq ans plus tard.

Kamel ben Mbarek, 42 ans, Charly Sun, 32 ans, et Amir Amine Dali Amar, 37 ans, ont été reconnus coupables «du crime d’appartenance au groupe terroriste Daech (acronyme arabe de l’EI, NDLR) et d’avoir contribué avec des membres du groupe à répandre la terreur», selon un journaliste de l’AFP sur place.

Ils ont tous trois été condamnés à la perpétuité, soit 20 ans de prison conformément au droit irakien.

Les audiences se tiennent en présence d’observateurs et de responsables de l’ambassade de France à Bagdad, ainsi que de proches des accusés.

En revanche, les avocats parisiens d’une trentaine d’entre eux, qui réclamaient un procès en France, avaient annoncé début octobre avoir été «interdits» d’entrée en Irak pour avoir dénoncé dans la presse en début d’année «des traitements inhumains» des Français incarcérés.

Des avocats irakiens ont été commis d’office à leur place.

Charly Sun était membre d’une unité de police islamique de l’EI, qui avait imposé un règne de terreur en Irak et en Syrie.

Sa sœur Carole Sun, qui était partie en Syrie en juillet 2015 à 18 ans avec son frère d’un an son aîné, avait été rapatriée et condamnée en décembre 2025 à dix ans de prison par un tribunal français.

Dans le groupe des 47 Français jugés, figure Adrien Guihal, un vétéran du jihad français ayant notamment revendiqué au nom de l’EI l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016.

En 2019, les tribunaux irakiens avaient condamné à mort 11 jihadistes français, dont la peine a été commuée, en appel, en réclusion à perpétuité.

Les prisons irakiennes, déjà bondées de suspects de l’EI, comptent des milliers de détenus supplémentaires depuis leur transfert début 2026 de Syrie.

Ce transfert avait été effectué par les États-Unis après la prise de contrôle par les forces syriennes des zones contrôlées par les Kurdes, fer de lance de la lutte contre l’EI.

Parmi ces 5.700 personnes, se trouvent au moins cinq ressortissants français, dont certains étaient mineurs lorsque leurs parents ont rejoint l’EI.

Début septembre, la justice irakienne a indiqué qu’elle avait achevé l’interrogatoire des détenus et qu’elle allait désormais pouvoir les juger.

AFP