La dirigeante de l’opposition Maria Corina Machado a mis en doute la transparence de l’accord pétrolier signé en août entre le gouvernement intérimaire du Venezuela et les États-Unis, lors d’une conférence de presse jeudi.

«Cet accord ne reflète pas les niveaux de transparence que souhaite la société vénézuélienne», a-t-elle déclaré lors de sa première conférence de presse depuis son retour au Venezuela dimanche, après dix mois d’exil.

L’accord octroie aux États-Unis la gestion de gisements représentant quelque 65 milliards de barils, soit 20 % des gigantesques réserves pétrolières du Venezuela.

Il n’a pas été officiellement publié, mais des médias américains l’ont divulgué il y a quelques semaines.

Cet accord est géré par la compagnie North American Blue Energy Partners (Nabep), dirigée par le milliardaire Alejandro Betancourt, mis en cause dans des affaires présumées opaques pendant les gouvernements de Hugo Chavez (1999-2013) et Nicolas Maduro (2013-2026).

«Cette personne en particulier fait l’objet d’enquêtes pour des motifs et des délits très graves dans divers pays du monde», a déclaré la prix Nobel de la paix à propos du dirigeant de la Nabep.

Alejandro Betancourt est visé par des enquêtes pour blanchiment d’argent et fraude fiscale en Espagne, ainsi que pour blanchiment d’argent en Suisse. Au Venezuela, il a également fait l’objet d’une enquête pour détournement de fonds.

Le calendrier électoral toujours incertain

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a promis jeudi la tenue d’élections dans le pays, sans toutefois donner de date ou de précision sur leur organisation. «Beaucoup se questionnent sur le calendrier électoral», a-t-elle déclaré dans une courte déclaration enregistrée et diffusée sur les médias nationaux.

«Je l’ai dit, il y aura des élections, toutes celles que prévoit notre Constitution, organisées par une autorité électorale renouvelée et avec le monde comme témoin», a-t-elle affirmé.

Mme Rodríguez dirige le Venezuela sous une forte pression de Washington, depuis la capture du président de gauche Nicolás Maduro lors d’une spectaculaire opération militaire américaine en janvier à Caracas.

Jeudi, elle a assuré que les réformes qu’elle mène actuellement dans les systèmes judiciaire et électoral conduiront le pays à la «constitution d’un pouvoir électoral accepté par tous». «Vénézuéliennes, Vénézuéliens, je vous demande de me juger sur mes actes. Moins de conflits, plus de solutions», a plaidé la présidente par intérim, ex-vice-présidente de Nicolás Maduro. Elle a également affirmé que «l’exercice responsable de la politique est garanti pour toutes et tous, les portes sont ouvertes».

Mme Rodríguez s’est exprimée peu avant la conférence de presse de Maria Corina Machado.

De nombreux soutiens de l’opposante au Venezuela demandent depuis lors la tenue d’une nouvelle élection présidentielle après la victoire revendiquée par l’opposition lors du scrutin de 2024, à l’issue duquel Nicolás Maduro avait néanmoins été déclaré vainqueur. Mme Machado n’avait pas pu être candidate. La dirigeante de l’opposition et prix Nobel de la paix a dénoncé une vaste fraude lors de ce scrutin et revendiqué la victoire de son candidat, Edmundo González Urrutia, exilé en Espagne depuis septembre 2024.

AFP