Les violences survenues samedi en marge des manifestations du collectif «GenZ regelt» («la Génération Z s'en charge») ont suscité dimanche de multiples condamnations en Allemagne, plusieurs responsables politiques appelant toutefois à ne pas éclipser les revendications de la jeunesse.
Des responsables des Verts et de la gauche radicale ont notamment insisté sur la nécessité de répondre aux préoccupations exprimées par les quelque 120.000 manifestants descendus dans les rues du pays pour dénoncer la misère des écoles, la hausse du coût de la vie, l'éventuelle réintroduction du service militaire et le réchauffement climatique.
«Ni la crise du pouvoir d'achat, ni le démantèlement social, ni la volonté largement partagée de manifester pacifiquement ne disparaîtront parce que des petits groupes de personnes frustrées se sont livrés à des actes de vandalisme par la suite», a déclaré auprès du quotidien Rheinische Post la présidente de Die Linke (gauche radicale) Ines Schwerdtner.
La cheffe de file des Verts, Franziska Brantner, a pour sa part condamné dans le quotidien Rheinische Post des débordements qui «nuisent à la cause légitime des nombreuses personnes qui ont manifesté pacifiquement», tout en appelant le gouvernement à répondre au message «on ne peut plus clair» envoyé par la jeunesse.
Samedi, les manifestations organisées dans des dizaines de villes se sont dans l'ensemble déroulées dans le calme avant que des tensions n'éclatent en soirée.
À Francfort, des émeutiers masqués ont saccagé des magasins et affronté les forces de l'ordre, qui ont utilisé des canons à eau contre des jeunes lançant des cocktails Molotov. Plus de 30 personnes ont été interpellées, selon la police.
Ces «excès de violences» sont «totalement inacceptables», a réagi dimanche sur X Boris Rhein, ministre-président de la région de Hesse, où se trouve la ville.
La police a également eu recours à des canons à eau à Hambourg (nord) et Cologne (ouest), après avoir été prise pour cible par des feux d'artifice, des pierres et des bouteilles, selon elle.
A Berlin, les autorités ont fait état de «nombreux délits» ayant conduit à 56 interpellations. 27 policiers ont été légèrement blessés, selon la police.
Le ministre de l'Intérieur allemand Alexander Dobrindt (CSU) a estimé auprès du tabloïd Bild que «les débordements violents comme ceux qui ont eu lieu à Paris» avaient pu «être évités».
Il a accusé «des groupes de gauche enclins à la violence et des fauteurs de trouble issus du milieu des migrants» d'avoir «détourné les manifestations pacifiques de l'après-midi», appelant à «des sanctions sévères» à l'encontre des responsables.
La coprésidente du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne) a elle aussi pointé «l'extrémisme de gauche» et une «migration incontrôlée» sur X.
Sur son site Internet, le collectif «GenZ regelt» écrit au lendemain des manifestations que «ce n'était que le début». Il appelle à une nouvelle mobilisation le samedi 14 novembre.
AFP