Cristiano Ronaldo a annoncé ce jeudi 5 novembre sa retraite internationale, après vingt-trois années avec le Portugal. À 41 ans, l’attaquant totalise 234 sélections et 146 buts, deux records mondiaux masculins. Une sortie marquée par son conflit avec Jorge Jesus, mais qui laisse derrière elle un héritage immense: un titre européen et deux Ligues des nations.

Cette fois, Cristiano Ronaldo accepte de passer la main. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le capitaine portugais annonce qu’il rend le numéro 7 de la sélection. Ce maillot, explique-t-il, n’a jamais été sa propriété: il en a porté la responsabilité pendant plus de deux décennies. L’heure est désormais venue de le transmettre.

Ronaldo quitte la sélection, avec laquelle il a repoussé les limites de la longévité, sans annoncer pour autant l’arrêt immédiat de sa carrière en club. L’attaquant reste sous contrat avec Al-Nassr jusqu’en juin 2027.

La fracture avec Jorge Jesus

Ces adieux interviennent après une rupture publique avec le sélectionneur. Le 30 septembre, Ronaldo avait quitté le rassemblement portugais, reprochant à Jorge Jesus de ne pas avoir respecté ses engagements concernant son temps de jeu. Resté sur le banc contre la Norvège, il avait ensuite dénoncé une perte de confiance.

L’affaire lui avait valu trente jours de suspension. Ronaldo avait présenté ses excuses aux supporters et accepté le principe d’une sanction, tout en affirmant alors vouloir poursuivre l’aventure internationale. La porte semblait encore ouverte: fin octobre, son nom figurait dans la présélection pour les rencontres de novembre.

Son retrait est annoncé à l’issue de cette fenêtre internationale. Les rendez-vous contre le Danemark, le 14 novembre, puis au pays de Galles, le 17, constituent donc l’horizon de ses adieux, sans que sa présence sur le terrain soit acquise. La liste définitive doit être dévoilée le 6 novembre.

Des larmes de 2004 au sacre de 2016

L’histoire avait commencé le 20 août 2003, contre le Kazakhstan. Ronaldo avait 18 ans. Un an plus tard, il découvrait la cruauté des grandes finales: à domicile, le Portugal s’inclinait devant la Grèce à l’Euro 2004. Le jeune ailier allait transformer cette première désillusion en une carrière internationale sans équivalent statistique.

Le sommet arrive douze ans plus tard, au Stade de France. Blessé et contraint de sortir en première période, Ronaldo assiste au succès de ses partenaires contre les Bleus, sur un but d’Éder en prolongation. Le Portugal tient enfin son premier grand trophée. Les Ligues des nations remportées en 2019 et 2025 enrichiront ensuite ce palmarès.

Avec 146 buts en sélection, Cristiano Ronaldo laisse au Portugal bien plus qu’un numéro à reprendre: une histoire à prolonger. Son efficacité s’est étendue sur vingt-trois années civiles consécutives, de 2004 à 2026. Une permanence exceptionnelle dans un football qui renouvelle sans cesse ses héros.

Le Mondial restera hors de portée

Il manquera pourtant une Coupe du monde à cette collection. Ronaldo aura disputé six éditions, sans dépasser la quatrième place obtenue en 2006. Son dernier parcours, en 2026, s’est arrêté en huitièmes de finale contre l’Espagne.

La transition portugaise a déjà commencé. Lors des quatre premières rencontres de cette Ligue des nations, la sélection a gagné quatre fois, dont trois sans Ronaldo, et assuré sa qualification pour les quarts. Le défi sera désormais de faire durer cette réussite sans celui autour duquel tant de campagnes ont été construites. Le numéro 7 pourra changer de dos. Le poids de la succession, lui, ne disparaîtra pas avec le maillot.