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Le manque de liquidités dans le compte d’EDL à la Banque du Liban (BDL) retarderait le déchargement du fuel-oil irakien, essentiel au fonctionnement des centrales électriques du pays, actuellement à bord du navire-citerne Sky Rider au large du Liban

Ainsi, le risque de voir le Liban plongé dans une obscurité totale à partir de lundi augmente considérablement. Une issue annoncée sans ambages dans les médias tour à tour par Walid Fayad, ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, et Sajih Attiyé, député du Akkar et président de la commission parlementaire des Travaux publics

Ce même sempiternel refrain n’a pas alarmé les Libanais puisqu’ils vivent avec une alimentation électrique au compte-goutte depuis quatre décennies. Ils ont eu le temps nécessaire pour trouver des alternatives au courant électrique fourni par EDL, mais au prix fort.

Sursis d’un mois

Le solde du compte d’EDL à la Banque centrale s’élève à cinquante millions de dollars seulement. Des efforts sont en cours pour acheter trente mille tonnes de gaz auprès d’une autre source que l’Irak afin de prolonger le sursis et éviter une coupure totale de courant. Dans ce scénario, le sursis serait à peine d’un mois.

En effet, le budget d’EDL accuse un trou financier qui perturbe son fonctionnement. Dans ses grandes lignes, les encours des abonnés d’EDL seraient de près de quatre cents millions de dollars et ceux des établissements publics se chiffreraient à 106 millions de dollars. Par ailleurs, seuls 180 d’un total de 900 camps de migrants syriens se sont acquittés de leurs dus envers EDL. Cela dit, il y aurait 6.000 camps de migrants syriens de petite taille dont la consommation de l’électricité fournie par EDL n’est pas comptabilisée.

Les collecteurs ont disparu

Dans ce contexte, il est tout à fait légitime de se demander où sont passés les collecteurs de factures d’électricité d’EDL, pratiquement disparus depuis trois mois. Contactée par Ici Beyrouth, une source d’EDL a évoqué un problème de facturation et de grèves à répétition. C’est une honte quand on sait que la facturation des moteurs privés se fait à temps et qu’EDL a eu amplement le temps d’huiler les rouages de sa machine administrative. Son dysfonctionnement ne date pas d’hier; il est devenu chronique. On note que la prochaine facturation par EDL de la consommation d’électricité sera datée de juillet 2023, ce qui représente un retard d’un an.

Mansouri face à un dilemme

Le vice-gouverneur de la BDL, Wassim Mansouri, a toujours souligné qu’il est impossible de dépenser en dehors des articles budgétaires, sauf sur la base d’un projet de loi ou d’une proposition de loi dûment votés par le Parlement. Il a cependant accepté une fois la demande du ministère de l’Énergie en ce sens pour assurer la continuité du service public. Ce jour-là, il avait pris Dieu à témoin qu’on ne l’y reprendrait plus. La loi de Finance 2024 ne mentionne aucune dette dans ses articles.

Dans les faits, le gouvernement a envoyé un projet de loi à la Chambre pour l’octroi de crédits à EDL. Cependant, la constitutionnalité d’une telle démarche est contestée par certains blocs parlementaires. Ces derniers estiment que le Parlement ne peut exercer ses fonctions législatives tant qu’il est considéré comme un collège électoral chargé d’élire un chef de l’État.

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