Paris, Washington, Riyad, Doha et Le Caire se sont dits prêts à reconsidérer leurs rapports avec le Liban au cas où un président de la République n’était pas élu. Tel est sans doute le principal message transmis par leurs missions diplomatiques à Beyrouth aux dirigeants libanais.

Lundi, les représentants des cinq pays qui ont participé à la réunion de Paris au sujet du Liban, le lundi 6 février, se sont rendus dans la matinée auprès du président de la Chambre Nabih Berry à Aïn el-Tiné, puis auprès du Premier ministre sortant Najib Mikati au Sérail.

Il s’agit des ambassadeurs des États-Unis Dorothy Shea, de France Anne Grillo, du Qatar Ibrahim Abdel Aziz el-Sahlaoui, d’Égypte Yasser Aloui, ainsi que de Farès Hassan Amoudi, représentant de l’ambassadeur d’Arabie saoudite, Walid Boukhari, qui se trouve en dehors du Liban.

Les entretiens de Aïn el-Tiné et du Sérail s’inscrivent dans le cadre de la tournée que les représentants des cinq pays effectuent auprès des principales forces politiques libanaises pour leur faire part des discussions menées à Paris, afin d’encourager une sortie de crise au Liban.

Selon les informations officielles, les diplomates ont expliqué l’absence de communiqué au terme des assises de Paris par le fait que celles-ci "demeurent ouvertes dans le but de soutenir le Liban et d’inciter (ses forces politiques) à élire un président de la République". Ils ont insisté sur le fait que "le véritable appui au Liban commencera après l’élection d’un chef de l’État et la mise en place des réformes requises".

Les diplomates ont ensuite insisté sur le fait que le blocage poussera les pays concernés à "reconsidérer leurs relations avec le Liban". "Si les députés libanais n’accomplissent pas leurs devoirs, les pays étrangers ne seront pas plus royalistes que le roi", ont-ils affirmé.

Les assises de Paris s’étaient tenues loin des feux de la rampe sans que des informations officielles soient communiquées au sujet des délibérations ou d’éventuelles décisions prises pour pousser les courants politiques qui bloquent la présidentielle, à élire un président, alors que le pays s’enfonce dans la crise.

Jeudi, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Anne-Claire Legendre, avait indiqué que la réunion avait " revêtu un caractère technique ", ce qui explique, selon elle, l’absence de communiqué.