Bien qu’aucun nom n’ait été explicitement avancé, des murmures provenant de cercles politiques et diplomatiques suggèrent que le nom du commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, est mis sur la table.

Selon la chaîne locale MTV, les entretiens de l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, avec les différents responsables politiques libanais mardi et mercredi, laissent entendre que la France serait en faveur de l’élection du général Aoun à la présidence de la République, sans pour autant le nommer explicitement.

Il convient de noter que l’émissaire français a rendu visite mardi au commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, à Yarzé. Sur son compte X, l’armée libanaise écrit que les entretiens ont porté sur "la situation sécuritaire".

Cette visite entraîne la question suivante: à l’heure où la mission de l’émissaire français à Beyrouth est d’aider à élire un président, la rencontre entre M. Le Drian et le commandant en chef de l’armée avait-elle pour seul objectif de discuter de la situation sécuritaire?

Le 30 août dernier, un dîner "productif", selon les termes de l’ambassade américaine, avait eu lieu entre le général Aoun et le secrétaire d’État adjoint américain, Amos Hochstein. Un moment clé selon les observateurs. Les États-Unis y ont réitéré "leur engagement en faveur du partenariat de sécurité avec le Liban, reconnaissant le rôle essentiel joué par l’armée libanaise pour garantir la stabilité du pays". Un tel soutien a un poids considérable.

Une autre évolution notable est le rôle actif joué par le Qatar, membre du Groupe des cinq sur le Liban, qui comprend également l’Égypte, l’Arabie saoudite, la France et les États-Unis. L’implication croissante du Qatar dans la promotion de la candidature du général Joseph Aoun à la présidence de la République ne peut être ignorée.

Il convient aussi de souligner que la rencontre qui a eu lieu la semaine dernière entre le général Joseph Aoun et Mohammed Raad, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, est également un signe important en faveur du général. Le fait que M. Raad ait reconnu l’importance de la rencontre implique que des acteurs influents de la politique libanaise commencent à se rallier à sa candidature.

Par ailleurs, le dialogue entre le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, et le Hezbollah avance lentement. Selon des informations obtenues par Ici Beyrouth, la formation pro-iranienne aurait fait comprendre à M. Bassil que si aucun progrès n’est réalisé pour faire avancer la candidature de M. Frangié d’ici la fin de cette semaine, le Hezbollah serait enclin à soutenir le général Joseph Aoun.

Cette dynamique suggère-t-elle que le général Aoun pourrait bientôt être élu à la tête de la magistrature suprême?