À moins de deux semaines du vote des Libanais de l’étranger pour les législatives de 2022, ces derniers redoutent une annulation du scrutin à la dernière minute, faute d’argent.

Leurs craintes reposent sur des propos du ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, au sujet de l’obstacle que constitue le manque d’argent liquide pour l’organisation des élections à l’extérieur du Liban.

M. Bou Habib avait fait cette déclaration au terme d’une réunion avec le chef du gouvernement Nagib Mikati, en présence du ministre de l’Intérieur Bassam Maoulaoui, mais il avait dans le même temps assuré que les élections se tiendront dans les délais. Cela n’a pas pour autant rassuré les expatriés.

Plusieurs groupes de Libanais de l’étranger, dont l’Union libanaise culturelle dans le monde (ULCM) ont adressé un mémorandum au gouvernement mettant en garde contre une annulation de leur scrutin les 6 et 8 mai prochain, et faisant valoir leur droit à choisir leurs représentants à la Chambre, conformément à la Constitution. "Si jamais ce report a lieu, vous assumerez la responsabilité de ses conséquences à titre individuel et collectif, parce que ce serait une spoliation délibérée d’un droit fondamental des Libanais que ce soit à cause d’une négligence ou intentionnellement à des fins politiques", ont-ils souligné.

Dans ce contexte, le président du rassemblement des hommes d’affaires franco-libanais (Halfa) Antoine Menassa a jugé "inopportun", dans une déclaration à l’agence locale al-Markaziya, le cafouillage constaté dans certains pays, au niveau de la répartition des membres d’une même famille sur des bureaux de vote éloignés l’un de l’autre. Mais le plus important pour lui reste que "des passeports et des pièces d’identité n’ont pas été renouvelés et que les anciens documents ne sont pas reconnus" pour que leurs détenteurs puissent voter. "Aussi, si le nombre de votants atteint les 150.000, ce sera un record, alors que le nombre des inscrits qui était de 245.000 est tombé à 230.000 ", a ajouté M. Menassa.

Il a affirmé que des efforts sont menés afin de régler ce problème et que les contacts se poursuivent à cette fin avec les autorités concernées au Liban. Et d’ajouter: "Les propos du ministre des Affaires étrangères selon lesquels les partis ont entrepris d’inscrire les électeurs libanais sont faux. Parce que lorsque nous présentions les documents requis, et nous ne sommes pas des partis, les ambassades et le ministère des Affaires étrangères vérifiaient chaque détail. Au moindre élément qui manquait, les documents nous étaient renvoyés. Il n’est pas possible par conséquent qu’il y ait eu les erreurs dont on a parlé dans les listes d’électeurs".