Selon un rapport publié mercredi par l’ONU, une " famine catastrophique " menace près d’un million de personnes dans le monde. La sécheresse dévastatrice dans la Corne de l’Afrique a aggravé ce phénomène, alors que six pays sont placés en " alerte maximale ".

Somalie, Afghanistan, Yémen: près d’un million de personnes dans le monde sont menacées par une " famine catastrophique " et risquent la mort dans les mois à venir en l’absence d’aide humanitaire, prévient l’ONU, un chiffre record dû notamment à la sécheresse dévastatrice dans la Corne de l’Afrique.

Près d’un million de personnes dans le monde sont menacées par une " famine catastrophique " prévient l’ONU (AFP)

 

Ce chiffre provient d’un rapport publié mercredi par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), en parallèle de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Parallèlement au rapport du PAM et de la FAO, plus de deux cents ONG ont publié mardi une lettre ouverte dans laquelle elles affirment qu’une personne meurt actuellement de faim dans le monde toutes les quatre secondes. Les ONG demandent aux dirigeants mondiaux réunis à New York " d’agir pour stopper la crise mondiale de la faim ".

" Les organisations venant de 75 pays ont signé une lettre ouverte pour exprimer leur indignation face à l’explosion du nombre de personnes souffrant de la faim et pour faire des recommandations, alors que 345 millions de personnes dans le monde souffrent de faim aiguë, un nombre qui a plus que doublé depuis 2019 ", soulignent ces 238 organisations dans un communiqué.

 

Le bilan du rapport de la FAO détaille la situation de 19 pays considérés comme des " points chauds " de la faim dans le monde, dont six sont placés en " alerte maximale " par l’ONU: Afghanistan, Éthiopie, Nigeria, Soudan du Sud, Somalie et Yémen.

Dans ces six Etats, 970.000 personnes devraient répondre, d’ici janvier 2023, aux critères de la phase " catastrophe " (5), la plus élevée de la classification sur la sécurité alimentaire (CIP). Il s’agit des situations dans laquelle " la famine et la mort sont une réalité quotidienne, et où des niveaux extrêmes de mortalité et de malnutrition peuvent survenir sans action immédiate ".

Cette estimation est dix fois plus élevée qu’il y a six ans, " sous l’effet des conflits, du changement climatique et de l’instabilité économique aggravée par la pandémie de Covid-19 et les répercussions de la crise en Ukraine ".

 

Les dirigeants du monde entier ont appelé mardi à redoubler d’efforts face à l’insécurité alimentaire croissante sur la planète. Le président américain Joe Biden a également annoncé mercredi une nouvelle aide de 2,9 milliards de dollars pour lutter contre la famine.

Le Guatemala, le Honduras et le Malawi intègrent cette liste des " points chauds de la faim " de l’ONU. L’organisation s’inquiète par ailleurs d’une détérioration de la situation en République démocratique du Congo, à Haïti, au Kenya ou en Syrie, classés " très préoccupants ".

La Corne de l’Afrique est dévastée par la sécheresse (AFP)

 

" Le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans le monde devrait continuer d’augmenter de façon vertigineuse ", s’inquiète David Beasly, directeur exécutif du PAM. Dans la Corne de l’Afrique, jusqu’à 26 millions de personnes devraient se trouver en situation de " crise ou pire " (phase 3 du CIP).

La sécheresse dramatique qui sévit dans cette région a décimé les récoltes, le bétail et contraint des centaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers, " augmentant le risque de conflits intercommunautaires et liés aux ressources ".

" En l’absence d’une réponse humanitaire adéquate, les analystes prévoient que d’ici décembre, jusqu’à quatre enfants ou deux adultes sur 10.000 personnes mourront chaque jour " en Somalie, prévient l’ONU.

Avec AFP