Des experts pensent que la quasi-totalité des 42 hectares de Pari, située à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale indonésienne Jakarta, pourrait être engloutie d’ici à 2050.  Ses habitants veulent riposter et ont traduit en justice le mois dernier le géant cimentier suisse Holcim, qu’ils tiennent pour responsable de pertes et dégâts liés au réchauffement climatique en raison de ses émissions de CO2.

Assis près d’un brise-lame, Mustagfirin contemple la mer depuis la petite île indonésienne de Pari. C’est sur cette modeste langue de terre que se trouve sa maison, mais pour combien de temps encore?

Son vieux rafiot l’attend à deux pas, ancré près du rivage. Là, des statues qui avaient autrefois les pieds dans le sable ont les orteils rongés par l’eau salée. Et son niveau ne cesse de monter.

" Je suis vraiment attristé et terrifié par le fait que dans dix ou vingt ans, l’île de Pari pourrait disparaître ", se désole auprès de l’AFP le pêcheur de 52 ans.

Des experts pensent que la quasi-totalité des 42 hectares de Pari, située à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale indonésienne Jakarta, pourrait être engloutie d’ici à 2050.

Ses habitants veulent riposter et ont traduit en justice le mois dernier le géant cimentier suisse Holcim, qu’ils tiennent pour responsable de pertes et dégâts liés au réchauffement climatique en raison de ses émissions de CO2.

Cette affaire pourrait devenir une étape importante pour les plaignants du monde entier opposés aux grands industriels et à leurs importantes émissions de gaz à effet de serre.

Des experts pensent que la quasi-totalité des 42 hectares de Pari, située à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale indonésienne Jakarta, pourrait être engloutie d’ici à 2050. (AFP)

Sur l’île tropicale, des affiches et des graffitis appelant à " sauver Pari " au nom de la " justice climatique " sont apparus.

Des habitants affirment que les inondations provoquées par de grandes marées, montant jusqu’à 1 mètre 30, se multiplient depuis 2019, abîmant les maisons.

De deux fois par an, ces marées se comptent par plus d’une dizaine dernièrement, disent-ils.

Selon l’ONG Swiss Church Aid (HEKS), qui soutient les insulaires, Pari a perdu 11% de son territoire en 11 ans.

" Où allons-nous vivre? Mes ancêtres, mes parents, mes enfants et même mes petits-enfants sont tous nés ici ", se lamente Mustagfirin qui, comme beaucoup d’autres Indonésiens, ne porte qu’un seul nom.

Sami Erchoff avec AFP

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