L’épisode de pollution de l’air qui touche le nord-est des États-Unis cette semaine à cause de la fumée relâchée par des incendies au Canada est " rare " et " extrême ", a expliqué à l’AFP Ryan Stauffer, scientifique à la Nasa spécialisé dans la pollution atmosphérique.

Cet épisode devrait perdurer durant " au moins les deux prochains jours ", selon l’expert mercredi.

Question : À quel point cet événement sort-il de l’ordinaire ?

Réponse : " Durant les 20 ou 25 dernières années, le seul événement qui se rapproche de ce dont nous sommes témoins ces derniers jours était une situation similaire les 7 et 8 juillet 2002. Il y avait des feux récents au Québec, et la fumée est descendue directement dans le nord-est des États-Unis. Pour beaucoup de stations (de relevés de pollution atmosphérique, ndlr), il s’agissait alors de la plus forte pollution jamais enregistrée, en termes de particules en suspension.

Les observations faites hier et aujourd’hui rivalisent sans aucun doute avec cet événement de juillet 2002. (…) C’est extrêmement rare, et à certains endroits des records sont battus en termes de quantité de fumée et de pollution de particules observées.

Il s’agit d’un événement extrême. Assurément, sur les 25 dernières années environ, c’est absolument exceptionnel. "

Q: Qu’est-ce qui l’a rendu possible ?

R: " L’aspect unique de cet événement est le contexte météorologique, avec un anticyclone au-dessus du centre du Canada, et une grosse dépression au large de la côte nord-est des États-Unis.

Ces deux systèmes combinés poussent les vents vers le sud et permettent à la fumée de ces feux de se diffuser directement vers le nord-est des États-Unis. "

Q: De quel type de pollution s’agit-il ?

R: " Ce qui inquiète surtout, concernant la fumée des feux, ce sont les particules qu’on appelle PM2.5, ce qui signifie qu’elles font moins de 2,5 micromètres — soit 2,5 millionièmes de mètre.

Ces particules sont plus petites qu’un cheveu. (…) Elles sont si petites que quand vous les respirez, elles n’irritent pas seulement vos poumons et causent des problèmes respiratoires, elles entrent aussi dans votre circulation sanguine. Donc elles peuvent causer toutes sortes de problèmes de santé — comme un stress accru sur le cœur, des crises cardiaques, AVC — car elles circulent dans tous les organes de votre corps.

Nous savons que quand on observe une pollution à un niveau d’alerte rouge, on peut s’attendre à davantage d’hospitalisations et de visites à l’hôpital. (…) Cela affecte évidemment ceux ayant des problèmes de santé préalables. Les personnes sensibles à la pollution, les enfants, les personnes âgées sont les plus touchés.

Ces deux dernières décennies, on a fait beaucoup de progrès pour réduire les émissions qui causent des épisodes de pollution aux particules PM2.5. On n’observe plus d’épisodes quotidiens. Ils doivent vraiment être liés à un événement exceptionnel, comme la fumée de feux, ou les feux d’artifice du 4 juillet (la fête nationale aux États-Unis, ndlr). "

Marie de La Roche Saint-André, avec AFP

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